Depuis environ 2 ans, la route de l’avenue de l’Université est en dégradation sur certains tronçons dont la distance entre rond-point Ezo et l'arrêt Kikwit. Cette route qui se trouve entre les communes de Limete et Kalamu relie le rond-point Ngaba au rond-point Victoire ou encore l’Université Catholique du Congo.
Le délabrement de cette route, devenue presque impraticable, affecte quotidiennement les déplacements des habitants, des étudiants, des commerçants, des élèves ainsi que des chauffeurs de transports en commun qui la fréquentent.
A l’image des flaques d’eau qui ne bougent pas et qui bouleversent des piétons qui ne peuvent pas traverser de l’autre côté. Les habitants de ce coin expriment leurs inquiétudes face à cette situation.
« Cette route nous affecte vraiment, surtout qu’il y a de la boue et de l’eau partout. Il n’y a même pas moyen de passer de peur de salir nos chaussures. Et si vous avez une voiture, vous êtes obligés de la garer quelque part ou de faire un détour pour arriver chez vous », affirme Jullys Tshiala, une mère de famille.
Une autre habitante parle des difficultés de transport.
« Nous avons un très sérieux problème en tant qu’habitants de ce quartier. La route est tellement déformée que nous sommes obligés de faire de longues distances pour prendre un transport car les véhicules n’arrivent pas jusqu’au rond-point. Les chauffeurs ne nous aident pas et surtout quand il pleut, le prix du transport augmente. Et les arrêts sont inondés », explique Plamedie Mayasi, étudiante.
Les chauffeurs de transport en commun ont aussi fait part de leurs préoccupations concernant la route, notamment en termes de recette financière.
« Il y a beaucoup de problèmes ici, avec nos chefs ça ne marche plus parce qu’on rapporte peu d’argent à cause des trous partout, des embouteillages. Depuis qu’on attendait un changement jusqu’à présent, il n’y a rien. Notre souffrance, c’est qu’il n’y a plus de ressources. Cette route nous rapportait beaucoup d’argent grâce aux étudiants de l’Unikin, UPN, des commerçants, etc. », explique Junior Sisco, conducteur de taxi.
Et d’ajouter :
« Que les autorités nous aident parce qu’aujourd’hui on a presque plus rien le peu qu’on gagne sert à réparer les moteurs, les pneus ».
Les vendeurs du coin sont aussi affectés par l’état de la route et les problèmes qu’il engendre. Un vendeur d’eau en bouteille explique que ses ventes ont chuté de plus de 50%.
« Depuis quelque temps, j’ai laissé le banditisme pour vendre de l’eau. Depuis que la route est dans cet état, mes ventes ont diminué pourtant avant, je vendais jusqu’à 5 paquets par jour. Ces derniers temps, je ne vends qu’un seul ou deux paquets. Je ne sais pas si je dois reprendre ma vie d’avant car les autorités ne prennent pas en compte la situation de la population », témoigne-t-il.
La dégradation des routes à Kinshasa reste l’un des défis majeurs du quotidien des Kinois, avec des conséquences directes sur le coût de la vie, la sécurité routière et l’activité économique.
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Charmante Nzuzi, stagiaire UCC