RDC : le CIC présente à Martin Fayulu l’initiative de la Commission Vérité et Réconciliation en prélude à un dialogue national inclusif

Photo d'illustration
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Le président du parti politique Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), Martin Fayulu Madidi, a reçu ce mercredi 18 février 2026 à Kinshasa une délégation du Conseil interreligieux congolais (CIC), conduite par son président, l’archevêque Dodo Israël Kamba. Pendant près de deux heures, cette organisation religieuse et le leader de la coalition Lamuka ont échangé autour de l’initiative visant la mise en place d’une Commission vérité et réconciliation, en vue de baliser le chemin vers un dialogue national inclusif.

À l’issue de cette rencontre, l’archevêque Dodo Kamba a exprimé sa satisfaction de constater l’ouverture de Martin Fayulu à cette initiative, censée ouvrir la voie à un dialogue national inclusif en RDC afin de faire face à la crise sécuritaire ainsi qu’aux autres formes de crise. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de celles déjà tenues entre la délégation du CIC et le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata, ainsi que les opposants Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga, autour de la même initiative.

« Nous sommes venus à la rencontre du Président Martin Fayulu, ainsi que de son équipe, pour proposer l'initiative que nous avons eue dans le cadre de notre organisation confessionnelle CIC », a confié l’archevêque Dodo Kamba, soulignant que Martin Fayulu a « apprécié » la démarche.

Le président du CIC a également confié que Martin Fayulu leur a fait part de « certains éléments à prendre en compte » dans cette initiative.

« Nous avons été très enrichis de ses idées, et surtout de son sens patriotique. Ça c'est sa manière de faire, de fonctionner dans ce pays, donc c'est ce que nous retenons. Il nous a encouragés en même temps, et nous lui avons laissé quelques éléments qu'il prendra soin d'étudier et d'écrire » a fait savoir l'archevêque Dodo Kamba

Réagissant à la question des incidents survenus  lundi 16 au siège de l’ECiDé, situé sur l’avenue de l’Enseignement, l’archevêque Dodo Kamba a « déploré cette façon de faire de certains Congolais ». Selon lui, « il faut qu’il y ait de la tolérance et un peu de hauteur dans la manière d’appréhender et de comprendre les choses ».

L’archevêque a par ailleurs martelé : « Je crois que cela va s’arranger. Pour que ces incidents ne se reproduisent plus, nous souhaitons vraiment marcher en harmonie, nous parler en frères, surtout en cette période où notre pays est convoité et subit toutes sortes d’injustices de la part de ceux qui nous entourent ». Il a enfin fait savoir que « la contribution de Lamuka, à ce jour, est indispensable pour pouvoir apporter la paix dans le pays, ce à quoi nous aspirons tous ».

Alors que la République démocratique du Congo fait face à une crise sécuritaire persistante, marquée par l’agression rwandaise à travers la rébellion de l’AFC/M23, ainsi qu’à de fortes tensions politiques internes, la convocation d’un dialogue national inclusif s’impose, selon plusieurs acteurs sociopolitiques congolais, comme une étape décisive pour tenter de restaurer la cohésion nationale et refonder le consensus républicain.

En prélude à un dialogue national en gestation, qui devrait être conduit par João Lourenço, président angolais et président en exercice de l’Union africaine, le Conseil interreligieux congolais (CIC)  cadre de concertation interconfessionnel et composante de la société civile soutenant cette initiative  estime que tout dialogue politique intégrant des personnes ayant pris les armes en dehors du cadre constitutionnel devrait être précédé de la mise en place d’une Commission vérité et réconciliation.

S’inspirant de l’expérience sud-africaine, le représentant légal des Communautés unies du Réveil (CUR), Israël Dodo Kamba, affirme que cette démarche permettrait à la République démocratique du Congo d’éviter la création d’un fâcheux précédent, qui consisterait à légitimer la voie des armes comme un moyen acceptable de porter des revendications et de se faire entendre sur la scène politique nationale. Selon lui, le dialogue demeure la meilleure opportunité de fédérer les différentes opinions, et un tel mécanisme pourrait encourager les fautifs à reconnaître leurs torts, à demander pardon et à contribuer à l’instauration d’une paix durable.

Sur la scène internationale, les initiatives diplomatiques progressent sur le papier, mais peinent à produire des résultats concrets sur le terrain, dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et l’AFC/M23. Face à ce statu quo, l’AFC/M23 continue d’administrer de vastes pans du territoire national dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Clément MUAMBA