En exécution des instructions de Félix Tshisekedi formulées lors de la réunion du Conseil des ministres tenue le 13 mars dernier, le gouvernement congolais a adopté une série de mesures visant à renforcer la lutte contre le banditisme urbain et la criminalité. Parmi ces mesures figure l’obligation d’identification des abonnés lors de toute acquisition d’une carte SIM, dans le cadre d’un ensemble de dispositions qualifiées d’"urgentes, pragmatiques et immédiatement applicables " visant à lutter contre la criminalité.
Ces mesures ont été annoncées vendredi 10 avril par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, lors de la 86ᵉ réunion du Conseil des ministres.
Selon le responsable de la sécurité nationale, ces décisions font suite à une séance de travail qu’il avait eue avec les services de sécurité, le ministère des Postes et Télécommunications, l’ARPTC et les opérateurs de téléphonie mobile, après que des analyses ont mis en évidence un recours massif aux télécommunications par les auteurs d’actes criminels.
" Les analyses menées ont mis en évidence des recours massif aux services de télécoms par les auteurs d’actes criminels. Dans l’attente de la mise en œuvre effective du fichier national d’identification, il a été jugé indispensable d’adopter des mesures urgentes, pragmatiques et immédiatement applicables, notamment : de définir des exigences renforcées et obligatoires d'identification pour l’acquisition de cartes SIM, formuler des mesures visant la limitation du nombre de cartes SIM par individu, élaborer une stratégie nationale de relance de la campagne nationale d’identification et de sensibilisation des abonnés incluant les zones rurales, ainsi que l’adoption de dispositions spécifiques pour l’identification des abonnés étrangers ", rapporte le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement.
La ville-province de Kinshasa continue de faire face à une résurgence de l’insécurité, des enlèvements et des attaques nocturnes, malgré la mise en œuvre de l’opération « Ndobo » (Hameçon), présentée comme un succès par le gouvernement à travers le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières. Les annonces répétées d’arrestations de bandits urbains (Kulunas) et leur déferrement devant les instances judiciaires semblent n’avoir eu que peu d’impact sur le quotidien des Kinois et des Kinoises.
Lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres, Félix Tshisekedi a indiqué avoir été saisi des préoccupations de la population, laquelle signale une recrudescence inquiétante des enlèvements dans la capitale. Selon lui, à ces faits s’ajoutent des attaques nocturnes perpétrées par des bandits armés dans certaines résidences, semant la peur et l’insécurité parmi les citoyens. Au-delà de la détresse des familles directement touchées, le chef de l’Etat affirme que ces actes criminels alimentent un climat de psychose, fragilisent le sentiment de sécurité collective, perturbent les activités économiques et sociales et portent atteinte à l’autorité de l’État ainsi qu’à la confiance des citoyens dans les institutions chargées de les protéger.
C’est dans ce cadre qu’il avait ordonné au gouvernement l’intensification de la traque et du démantèlement des réseaux criminels face à la résurgence des enlèvements et de l’insécurité dans la ville de Kinshasa.
Clément MUAMBA