Les échanges commerciaux entre les villes de Kikwit et de Kinshasa sont négativement impactés par la présence de plus de 15 barrières policières sur la RN 1. A cela s’ajoutent des barrières illégalement établies. D’après la Fédération des entreprises du Congo, Grand Bandundu, cette situation influence la fixation des prix des produits agricoles évacués de ces régions du Grand Bandundu (Kwango et Kwilu) vers la capitale.
Très souvent, il faut payer jusqu’à 40.000 FC par barrière, et cela, à des dizaines de kilomètres près.
Le président régional, Fifa Katembo, qui s’est confié à Actualité.cd, révèle que certaines taxes sont exigées sur la RN 1 de manière non uniforme. C’est le cas de la vignette, parfois exigée sur la route à des périodes différentes du lieu de provenance des marchandises. Il dénonce une tracasserie énorme et plaide pour la suppression des barrières illégales ainsi que l’harmonisation des services, afin de faciliter les échanges dans ces coins du pays.
« De Kikwit à Kinshasa, il faut compter au moins 15 barrières. À chaque barrière, il faut payer 40.000 FC si vous avez un gros véhicule, et cela impacte le prix de vente sur le marché. Vous savez que si on dépense beaucoup, on va tout mettre sur le prix de vente. Des fois, il y a des camions qui n’arrivent pas à destination parce qu’ils sont à court d’argent. Ça forme une tracasserie terrible. C’est la police qui met souvent ces barrières. Curieusement, dans la province du Kwango, tous les services sont sur la route pour percevoir les taxes dues à la province. Vous prenez, par exemple, la vignette n’est pas encore vendue à Kinshasa. Quand le camion quitte Kinshasa pour Kikwit, arrivé au niveau du Kwango, on vous impose de payer la vignette alors que vous ne l’avez pas prévue dans vos dépenses de la route. Nous demandons au gouvernement de supprimer des barrières et d’autres taxes qui pouvaient être collectées à l’intérieur de la province et non sur la route nationale », a dénoncé Fifa Katembo, président de la FEC Grand Bandundu.
Selon un constat d’Actualité.cd au début du mois de mars dernier, au moins dix barrières illégales ont été recensées sur la RN 1 de Kikwit à Kinshasa. Les chauffeurs sont fréquemment rançonnés sans aucun document ni quittance, et l’argent perçu va directement dans les poches des individus responsables.
Ces barrières concernent des agents de la police, de l’armée ainsi que d’autres services non identifiés. Elles sont situées dans plusieurs localités, notamment le secteur Kwenge (Bulungu), les villages Kalonda (Masi-Manimba), Misele, Pont Kwango (Kwango), Mbakana, Mboka Polo, Ndaku ya Pembe, Pont Maï-Ndombe et à Menkao (Kinshasa).
Jonathan Mesa