Félix Tshisekedi est à Paris, un tête-à-tête avec Emmanuel Macron prévu à 13H00

Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron
Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron

Après sa participation à la 56ᵉ réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, qui se tient du lundi 19 au vendredi 23 janvier autour du thème « Un esprit de dialogue » (A Spirit of Dialogue), le chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, séjourne désormais à Paris, en France. Selon l’Élysée, il sera reçu ce vendredi 23 janvier 2026 par son homologue français, Emmanuel Macron.

Ce bref séjour sera notamment marqué par un déjeuner de travail entre les deux dirigeants, au cours duquel seront abordées des questions bilatérales entre les deux pays. Actualité oblige, la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, marquée par des tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, figurera au menu des échanges entre les deux personnalités.

Cette rencontre intervient après la réunion de haut-niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs, qui s’est tenue à Lomé, le 17 janvier. La France apporte tout son soutien à l’initiative de M. Faure Gnassingbé, président du Conseil de la République togolaise, médiateur de l’Union africaine pour la résolution du conflit dans l’Est de la RDC.

Selon le ministère français de l'Europe et des Affaires Étrangères, la France a participé à cette réunion qui contribue aux efforts collectifs en vue d’un règlement politique de la crise des Grands Lacs, portés notamment par les médiations, que la France soutient, des Etats-Unis, du Qatar et de l’Union africaine dans la continuité des processus de Luanda et de Nairobi. 

" Après l’offensive du M23, avec l’appui des forces rwandaises de défense, la désescalade, la cessation effective, durable et vérifiable des hostilités et de l’offensive du groupe rebelle ainsi que le retrait des forces rwandaises de la RDC sont primordiales. La France appelle les parties à respecter les accords de Washington et l’accord-cadre de Doha du 15 novembre, qui doivent rester un horizon politique commun ", rapporte le ministère français de l'Europe et des Affaires Étrangères 

Dans la continuité de la conférence de Paris du 30 octobre 2025 pour la paix et la prospérité dans la région des Grands Lacs, co-présidée avec le Togo, la France rappelle l’urgence de la crise humanitaire à l’est de la RDC et dans les pays des Grands Lacs. A Lomé, elle a présenté un premier point d’étape sur la tenue des engagements financiers annoncés lors de la conférence de Paris. Sur les 1,5 milliard d’euros annoncés à Paris par 70 Etats et organisations internationales, la totalité des financements humanitaires d’urgence, soit 850 millions d’euros, ont d’ores et déjà été effectivement décaissés. La France salue l’implication des Etats participants et encourage ceux qui n’auraient pas encore procédé au décaissement à le faire dans les prochaines semaines. 

Selon Paris, ces financements répondent aux besoins identifiés par les acteurs humanitaires afin d’apporter des services essentiels aux populations et de renforcer la protection des civils, en particulier dans les zones affectées par les violences et les déplacements. Les efforts doivent converger en faveur de la levée de toutes les entraves humanitaires. La France rappelle aux parties les engagements pris à Paris d’œuvrer à la réouverture de l’aéroport de Goma pour des vols humanitaires. La France est prête à contribuer, avec ses partenaires et en lien avec les Nations unies, à l’effort logistique et à la coordination nécessaires à cette fin. 

"Pour parvenir à une paix durable et dans la continuité des consultations des Eglises congolaises, la France appelle de ses vœux la tenue d’un dialogue national en RDC, gage de concorde politique et d’unité nationale" a insisté la France

Cette nouvelle rencontre intervient dans un contexte où, malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump.

Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit  notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés restent au point mort. Plusieurs mesures convenues, notamment depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, la signature du mécanisme de cessez-le-feu, de la déclaration de principes, et plus récemment de l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.

Clément MUAMBA