Le Président Félix Tshisekedi a alerté les membres du gouvernement sur l’évolution récente de la situation géopolitique internationale, notamment les tensions au Moyen-Orient, qui commencent déjà à affecter les marchés énergétiques et financiers mondiaux. Il l’a indiqué lors de sa communication à la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 13 mars à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Selon le garant de la nation et du bon fonctionnement des institutions, ces développements pourraient avoir des répercussions indirectes sur l’économie congolaise, notamment à travers la hausse des prix de l’énergie, une inflation importée, des incertitudes sur les exportations minières, ainsi que des pressions possibles sur les finances publiques et les marchés de change.
Bien que les fondamentaux économiques du pays demeurent globalement résilients, a-t-il souligné, cette conjoncture exige vigilance, cohésion et réactivité. Le gouvernement est ainsi appelé à adopter une approche anticipative et coordonnée pour atténuer les effets de ces chocs externes, préserver la stabilité macroéconomique et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
À cet effet, le Président de la République a chargé la Première ministre de veiller à la mise en œuvre diligente, par les membres du gouvernement concernés, de plusieurs orientations :
•Examiner, par le vice-premier ministre, ministre de l’Économie nationale, la possibilité de prendre, si les circonstances l’exigent, des mesures temporaires relatives aux prix des denrées de première nécessité;
• Engager, sous la coordination du vice-premier ministre, ministre de l’Économie nationale, et du vice-premier ministre, ministre des Transports, en collaboration avec le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, des consultations avec les organisations professionnelles afin d’assurer une surveillance accrue des pratiques tarifaires dans le secteur des transports et d’identifier des mécanismes d’atténuation pour les petites et moyennes entreprises;
• Garantir, sous la conduite de la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, en coordination avec les ministres de l’Économie, du Budget et des Finances, la Réserve Stratégique générale la continuité de l’approvisionnement en carburant et examiner le renforcement des stocks stratégiques nationaux;
• Organiser, par le ministère des Mines, en synergie avec les ministères des hydrocarbures, des finances une concertation avec les opérateurs miniers afin d’évaluer l’impact de la hausse des coûts énergétiques et préserver la stabilité des activités du secteur;
• Préparer, par le vice-premier ministre en charge du Budget et le ministre des Finances, des scénarios budgétaires actualisés pour l’exercice 2026 intégrant différentes hypothèses d’évolution de la conjoncture internationale;
• Assurer une coordination étroite entre le gouvernement et la Banque centrale du Congo afin de préserver la stabilité du taux de change et, le cas échéant, prendre des mesures appropriées pour une gestion optimale des réserves de change.
"Les analyses déjà produites à ce sujet par différents ministères pourront utilement nourrir cette démarche. Au demeurant, la Première ministre a été chargée d’assurer la consolidation de ces actions, d’en coordonner la mise en œuvre et de produire un rapport d’exécution tous les quinze jours", recommande Félix Tshisekedi dans le compte rendu de la réunion.
Au Moyen-Orient, en ce début d’année, la situation sécuritaire reste marquée par une escalade majeure et une volatilité extrême, avec des échanges de tirs directs entre Israël et l’Iran, des frappes américaines, ainsi que des répercussions régionales importantes affectant les populations civiles et mettant à mal la stabilité dans cette zone stratégique de l'humanité.
C’est dans ce contexte que la situation sécuritaire au Moyen-Orient et le suivi des ressortissants congolais ont été abordés déjà lors de la 81ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 6 mars 2026 à la Cité de l’Union africaine. Dans sa communication, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a rassuré que le gouvernement suit avec attention et préoccupation, par le biais du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie ainsi que des missions diplomatiques, l’évolution de la situation dans la région, marquée par une série d’incidents violents et d’échanges de tirs dans plusieurs pays.
Au regard de la situation et sur la base des informations reçues des missions diplomatiques dans les pays concernés, la Première ministre avait instruit la ministre d’État, ministre en charge des Affaires étrangères, de recueillir les informations relatives aux ressortissants congolais présents au Moyen-Orient et d’évaluer les capacités de nos missions diplomatiques dans la région. Sur la base de ces informations, poursuit le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, la Première Ministre et cheffe du gouvernement Judith Suminwa a demandé la formulation de recommandations sur les modalités d’assistance renforcée qui pourraient être envisagées afin de permettre au gouvernement de réagir de manière appropriée selon l’évolution de la situation.
Clément MUAMBA