Est de la RDC : Paris rappelle la primauté de la cessation des offensives de l’AFC/M23, le retrait des RDF et insiste sur le respect des accords de Washington ainsi que de l’accord-cadre de Doha

Les rebelles du M23 à Goma
Les rebelles du M23 à Goma

Le gouvernement français a salué la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs, qui s’est tenue à Lomé samedi dernier. Dans une déclaration publiée par le ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères lundi 19 janvier, Paris a réaffirmé son soutien à l’initiative de M. Faure Gnassingbé, président du Conseil de la République togolaise et médiateur de l’Union africaine pour la résolution du conflit dans l’Est de la RDC.

Au cours de cette rencontre, qui s’inscrit dans les efforts collectifs visant un règlement politique de la crise des Grands Lacs et s’inscrit dans la continuité des processus de Luanda et de Nairobi, la France a encouragé les différentes parties prenantes à honorer leurs engagements issus des processus de Washington, entre Kinshasa et Kigali, ainsi que de Doha, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenus par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine.

"Après l’offensive du M23, avec l’appui des forces rwandaises de défense, la désescalade, la cessation effective, durable et vérifiable des hostilités et de l’offensive du groupe rebelle ainsi que le retrait des forces rwandaises de la RDC sont primordiales. La France appelle les parties à respecter les accords de Washington et l’accord-cadre de Doha du 15 novembre, qui doivent rester un horizon politique commun" recommande le Quai d'Orsay dans sa déclaration

Cette énième recommandation intervient dans un contexte où, malgré l’implication du président américain Donald Trump et l’accélération apparente du processus de Washington, matérialisée par l’entérinement des accords par les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Kinshasa et Kigali ne parviennent pas toujours à parler le même langage, et les tensions persistent sur fond d’accusations mutuelles de non-respect des engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours, en particulier le processus de Washington sous l’égide de l’administration Trump. 

Il en est de même pour les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’émir du Qatar, entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit  notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés  restent au point mort. Plusieurs mesures convenues, notamment depuis la publication du communiqué conjoint d’avril dernier, la signature du mécanisme de cessez-le-feu, la déclaration de principes et, plus récemment, l’accord-cadre, n’ont toujours pas été mises en œuvre.

Cette inertie diplomatique continue de favoriser la poursuite de violents affrontements entre l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, et les forces gouvernementales. Par ailleurs, le dialogue national inclusif, pourtant réclamé par plusieurs acteurs sociopolitiques pour accompagner ces initiatives, tarde à être convoqué. Après avoir annoncé en mars 2025 son retrait du rôle de médiateur dans la crise congolaise, l’Angola opère actuellement un retour progressif et discret dans le dossier. Luanda a relancé des consultations élargies, multipliant les contacts avec la quasi-totalité des parties prenantes impliquées dans la crise. En parallèle, le Togo vient d’organiser une réunion de haut niveau consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs.

Clément MUAMBA