Nord-Kivu : pour le seul mois de décembre, plus de 3 380 cas de violences basées sur le genre recensés dans les zones de santé de Nyiragongo, Goma et Karisimbi, aggravant la pénurie critique de kits de prophylaxie post-exposition (OCHA)

Photo d'illustration d'une femme violée
Photo d'illustration d'une femme violée

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a publié un rapport sur la situation humanitaire dans la province du Nord-Kivu, plus précisément dans le territoire de Nyiragongo et dans la ville de Goma. Ce document, rendu public samedi 17 janvier 2026 et couvrant le mois de décembre 2025, révèle que la situation sécuritaire est restée globalement calme dans la ville de Goma et le territoire de Nyiragongo, malgré de brefs accrochages entre éléments armés signalés du 9 au 14 décembre dans les villages de Ngangi et Kiziba.

Le rapport souligne également que les femmes et les filles demeurent particulièrement vulnérables aux violences sexuelles, notamment lors de leurs déplacements vers le parc des Virunga pour s’approvisionner en vivres et en bois de chauffe.

"Pour le seul mois de décembre, des partenaires humanitaires ont documenté plus de 3380 cas de violences basées sur le genre dans les ZS de Nyiragongo, Goma et Karisimbi. Ce contexte est aggravé par une pénurie critique de kits de prophylaxie post-exposition (PEP), qui constitue le principal gap dans la prise en charge des survivantes de violences sexuelles au Nord-Kivu", précise OCHA RDC dans son rapport.

Pour la période de décembre 2025 à février 2026, poursuit le rapport, le déficit non couvert s'élève à 20 484 kits. Si l'appui de l’ONG IMA World Health (via des financements de l'UE et de la Banque mondiale) a permis de ravitailler 23 zones de santé (ZS) sur 34, 11 zones demeurent en rupture totale.

Depuis le début de l’année 2025, l’escalade du conflit et l’intensification des attaques de la rébellion AFC/M23, appuyée par le Rwanda au Nord et au Sud-Kivu, ont déplacé des centaines de milliers de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà critique. Les violences ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés, tandis que les routes coupées et l’insécurité compliquent davantage l’accès humanitaire.

Malgré ces conditions difficiles, les acteurs humanitaires poursuivent leurs opérations vitales en négociant l’accès aux zones affectées et en fournissant des soins médicaux d’urgence, une aide alimentaire ainsi que d’autres formes d’assistance essentielle. Selon l’ONU, il est impératif de garantir un accès humanitaire rapide, sans entrave et sécurisé aux populations dans le besoin, et de lever tous les obstacles existants.

En dépit des avancées annoncées dans le cadre des initiatives de médiation  notamment le processus de Washington piloté par les États-Unis pour le dossier RDC–Rwanda et l’implication du Qatar dans la crise opposant la RDC à la rébellion AFC/M23, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Face à ce constat, de nombreuses voix appellent les parties prenantes à respecter les engagements contenus dans les différents accords et déclarations signés, afin de faire taire les armes et offrir enfin une chance à la paix après près de trois décennies de conflit.

Clément MUAMBA