Est de la RDC : à Lomé, la réunion de haut niveau réaffirme son soutien au processus de Doha et exhorte Kinshasa et l’AFC/M23 à reprendre les discussions pour finaliser les protocoles restants de l’accord-cadre

Réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix dans l'Est de la RDC autour de Faure Gnassingbé
Réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix dans l'Est de la RDC autour de Faure Gnassingbé

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo et la rébellion de l'AFC/M23 ont été encouragés à poursuivre des discussions dans le cadre du processus de Doha sous l'égide de l'État du Qatar en vue de parvenir à la signature d'un accord de paix. Il s'agit là d'une des résolutions ou recommandations issues de la réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République Démocratique du Congo organisée samedi 17 janvier à Lome, au Togo. 

Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine (UA) pour l’Est de la RDC, cette réunion de haut niveau avait pour objectif de renforcer la confiance, à faire progresser le dialogue et à veiller au respect des engagements pris par les différentes parties prenantes. Cette initiative, qui a réuni autour d’une même table un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, du ministre des Affaires étrangères du Togo Robert Dussey, des dirigeants de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la Communauté de développement de l’Afrique australe, ainsi que d’autres partenaires, s’inscrit dans le prolongement des efforts internationaux récents.

"La réunion de haut niveau a appelé les Parties à accélérer la mise en œuvre de bonne foi de leurs engagements respectifs et à privilégier les moyens pacifiques dans la gestion et la résolution du conflit;  la réunion a réaffirmé son plein soutien au processus de Doha et a exhorté les Parties à reprendre sans délai les discussions afin de conclure les négociations sur les six (6) protocoles restants; Elle a souligné l’importance d’un suivi africain structuré de la mise en œuvre des accords et de l’évolution du processus de paix", renseigne le communiqué final rendu public à l'issue des travaux.

Cette recommandation intervient dans un contexte où les discussions de Doha, menées sous l’égide de l’Émir du Qatar entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, peinent à produire des résultats concrets sur le terrain. Ces négociations, censées compléter les accords de Washington en s’attaquant aux causes profondes du conflit  notamment la restauration de l’autorité de l’État et la réintégration des groupes armés  restent au point mort malgré les avancées et la conclusion de cinq instruments majeurs à portée internationale, constituant autant de jalons essentiels du processus de paix.

Ces instruments sont notamment : Le Communiqué conjoint du 24 avril 2025, signé entre l'AFC/M23 et le Gouvernement de la RDC ; La Déclaration de principes du 19 juillet 2025 ; Le Mécanisme pour la libération des détenus par les parties, du 10 septembre 2025 ;

Le Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu du 14 octobre 2025 ; L’Accord-cadre de Doha pour un accord de paix global, signé le 15 novembre 2025 entre le Gouvernement de la RDC et l'AFC/M23.

L’Accord-cadre repose sur huit protocoles thématiques, considérés comme un condensé des problématiques centrales de la crise entre Kinshasa et l'AFC/M23 : Mécanisme de libération des prisonniers (signé le 14 septembre 2025) ; Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu (signé le 14 octobre 2025) ; Accès humanitaire et protection judiciaire ; Restauration de l’autorité de l’État, réformes institutionnelles et gouvernance participative ; Arrangements sécuritaires intérimaires et DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion) ; Identité, citoyenneté, retour et réinstallation des réfugiés et déplacés ; Relance économique et réhabilitation des services sociaux de base ; Justice, vérité et réconciliation.

Alors que les deux premiers protocoles sont déjà signés, les six autres feront l’objet de discussions techniques dans les deux semaines à venir, afin d’en définir les modalités précises d’exécution, les échéances et les engagements réciproques des parties signataires. Depuis novembre dernier, un statu quo persiste à Doha, où les discussions sous médiation qatarienne peinent à reprendre en vue de la signature d’un accord de paix complémentaire aux accords de Washington, signés sous l’administration Trump entre Kinshasa et Kigali, considéré comme le parrain de l’AFC/M23.

Présenté comme une avancée "décisive ", cet Accord-cadre constitue désormais la colonne vertébrale d’un processus global de sortie de crise, visant à mettre fin aux hostilités, à restaurer l’autorité de l’État et à renforcer la stabilité dans les zones affectées par des années de conflit armé.

Clément MUAMBA