Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi, a dressé le bilan des responsabilités régionales assumées par son pays au cours de l'année 2025. S'agissant spécifiquement de la République démocratique du Congo, où le Burundi avait déployé ses troupes dans la province du Sud-Kivu, il a indiqué, jeudi 14 janvier 2026, à l'occasion de la cérémonie d’échange des vœux avec le corps diplomatique et consulaire accrédité au Burundi, qu’un travail important avait été accompli pour protéger les populations civiles et favoriser le vivre-ensemble entre les différentes communautés.
Selon le Chef de l'État burundais, cet élan a été interrompu en raison des visées expansionnistes du Rwanda, exprimées à travers la rébellion de l’AFC/M23 dans la province du Sud-Kivu. Il a fait allusion aux récentes offensives de la rébellion, qui ont conduit à l’occupation de la ville stratégique d'Uvira, avant qu’elle n’annonce son retrait sous la pression des États-Unis, un retrait contesté par le gouvernement de Kinshasa.
"Les officiers ont une expérience en matière de réconciliation, non seulement pour sécuriser la population, mais aussi nous avons cette expérience de réconciliation et nous menons ces deux missions. Vous avez vous-même assisté lorsque les troupes burundaises sont arrivées au Sud-Kivu, les Banyamulenge, les Babembe et les Bafuliro, qui se combattaient, ils se sont réconciliés immédiatement n'eût été cette politique expansionniste qui est exécutée par le Rwanda. Sinon, au Sud-Kivu, on avait déjà réconcilié tout le monde et je suis heureux même aujourd'hui la communauté des Banyamulenge, des Bafuliro, des Babembe, des Bamvira tout le monde toujours m'écrivent des messages des remerciements, des félicitations", a déclaré Evariste Ndayishimiye, Chef de l'État Burundais.
Evariste Ndayishimiye s’est réjoui de constater que le problème ne se pose plus entre le pouvoir public et les citoyens. Selon lui, ceux qui ont fui vers le Burundi l’ont fait en conséquence de l’agression rwandaise. Il a également salué l’attention manifestée par les dirigeants de Kinshasa envers les réfugiés congolais accueillis au Burundi.
"Nous sommes heureux de constater que le problème n’oppose plus les pouvoirs publics de l’État aux citoyens. Même les réfugiés que nous accueillons ici sont considérés comme des déplacés : ils n’ont pas fui le pouvoir en place, mais l’agression de l’ennemi. C’est pour cela que chez nous nous essayons d’être solidaires avec eux, en faisant tout ce que nous pouvons. Nous sommes également satisfaits de voir que le gouvernement congolais a commencé à envoyer des émissaires pour assister ces réfugiés, même s’il n’était pas préparé à une telle catastrophe et fait face à de nombreuses difficultés. Nous en sommes néanmoins reconnaissants. Nous compatissons toujours avec ces populations. Je suis aussi heureux de constater que vous êtes tous conscients de la solidarité qui doit exister envers ces citoyens congolais", a indiqué Evariste Ndayishimiye, président Burundais.
Revenant sur les différentes fonctions assumées par le Burundi, Evariste Ndayishimiye a affirmé que ces engagements ont permis à son pays de contribuer activement à la résolution des conflits en Afrique.
"Je m’en voudrais de présenter ce qui a caractérisé l’année 2025 sans parler des responsabilités régionales accomplies par mon pays. Le Burundi a présidé l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région jusqu’en mai 2025. J’ai présenté mon rapport et effectué plusieurs déplacements, notamment pour contribuer au règlement pacifique du conflit qui persiste à l’est de la RDC. J’ai donné le meilleur de moi-même et j’ai essayé d’apaiser les tensions, de calmer les jeux. Certaines personnes se sont étonnées, pensant que le Burundi était parti au conflit en RDC. Non, le Burundi n’est pas partie au conflit, le Burundi est allé appuyer la RDC afin de sécuriser ses citoyens. Nous ne sommes donc pas partie au conflit, C’est pour cette raison que nous continuons, autant que possible, à assurer une médiation en faveur de la paix dans cette région", a fait savoir Evariste Ndayishimiye.
Et de poursuivre :
"Le Burundi a également présidé le COMESA jusqu’en octobre 2025. Depuis février 2025, le Burundi assure la première vice-présidence de l’Union africaine. Actuellement, le Burundi assure aussi la vice-présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Ces hautes responsabilités confiées au Burundi nous ont permis non seulement de mieux comprendre les enjeux régionaux et mondiaux, mais aussi de mesurer sa capacité à contribuer au concert des nations. Le Burundi avait cette expérience de contribuer pour la paix en Afrique".
La guerre en cours dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) a des répercussions sur ses deux pays voisins, d’autant plus que le Rwanda soutient militairement les rebelles de l’AFC/M23, selon plusieurs rapports, tandis que le Burundi, partenaire de Kinshasa, combat aux côtés des FARDC contre la rébellion. Plusieurs observateurs craignent que ce conflit ne s’étende et oppose directement le Rwanda et le Burundi, dont les relations se sont détériorées ces dernières années.
En décembre dernier, le Burundi avait accusé le Rwanda de mener des « activités déstabilisatrices » à la frontière congolaise et affirmé que ses troupes déployées en RDC ne se retireraient pas tant que leur mission ne serait pas « pleinement accomplie ».
S’exprimant devant les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales accrédités au Burundi, le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a dénoncé la poursuite des hostilités « malgré les accords de cessez-le-feu et de restauration de la paix » récemment signés. Selon lui, le Rwanda continue de « déployer ses soldats » et de « mener des attaques » contre les Forces de défense nationale du Burundi présentes en RDC.
Clément MUAMBA