Partenariat stratégique USA-RDC : « Aucune menace pour la Chine ou les autres partenaires », rassure Daniel Mukoko Samba

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Daniel Mukoko Samba, VPM, ministre de l’Economie

Le partenariat stratégique conclu entre les États-Unis d’Amérique et la République démocratique du Congo ne constitue en aucun cas une remise en cause de la coopération existante entre Kinshasa et Pékin, ni avec d’autres partenaires internationaux. C’est le message qu’ont tenu à faire passer, mardi 30 décembre 2025 à Kinshasa, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, et le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, lors d’un briefing de presse conjoint.

Signataire de cet accord au nom de la RDC, le professeur Daniel Mukoko Samba a expliqué que ce partenariat s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de diversification des partenariats économiques et diplomatiques, tout en assurant la continuité des relations avec la Chine.

« Pourquoi donner priorité aux investisseurs américains ? La position de la RDC a toujours été de diversifier son économie et de diversifier ses partenaires. Nous ne sommes pas en train de dire : “Nous ouvrons la porte à l’un et nous fermons la porte à l’autre.” Pas du tout. Beaucoup de gens semblent oublier qu’en 2023, le Chef de l’État a effectué une visite d’État en Chine, au cours de laquelle les deux gouvernements ont convenu d’élever leur relation au niveau de partenariat stratégique », a rappelé Daniel Mukoko Samba.

Le patron de l’Économie nationale est également revenu sur les retombées concrètes du partenariat sino-congolais, évoquant notamment les infrastructures routières en cours de réalisation à Kinshasa et à l’intérieur du pays.

« Il n’y a peut-être pas eu de document formel récemment signé, mais du point de vue des usages diplomatiques, la relation entre la RDC et la Chine est bien une relation de partenariat stratégique, couverte par plusieurs instruments, notamment le programme sino-congolais renégocié. Les résultats sont visibles aujourd’hui : les rocades de Kinshasa et la RN1, qui, si tout se déroule comme prévu, permettra d’ici fin 2027 de relier Banana au Haut-Katanga sans quitter cette route nationale », a-t-il souligné.

S’agissant du partenariat avec Washington, Daniel Mukoko Samba estime que la RDC a tout à gagner d’une telle relation, affirmant que le pays n’éprouve aucun complexe dans le choix de ses partenaires stratégiques.

« La République démocratique du Congo est sans complexe dans le choix de ses partenaires. Dans ce cas précis, il a plu aux deux chefs d’État, le Président Félix-Antoine Tshisekedi et le Président Donald Trump, d’établir cette relation. Aujourd’hui, moins de cinq pays africains bénéficient du statut de partenaire stratégique des États-Unis. La RDC a rejoint ce cercle en 2025, après le Maroc et le Kenya. Il y a des gains à tirer d’une telle relation de confiance politique, au plus haut niveau et sur le long terme. C’est cela, un véritable partenariat stratégique », a insisté le vice-Premier ministre.

Signé à Washington, cet accord vise à encadrer et accélérer des projets jugés prioritaires pour l’industrialisation de la RDC, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques et le développement d’infrastructures structurantes. Anciennement désigné comme un « deal minier », ce partenariat constitue l’une des principales composantes des accords de Washington conclus sous les auspices de l’administration Trump.

Toutefois, ce rapprochement entre Kinshasa et Washington ne fait pas l’unanimité dans l’environnement sociopolitique congolais. Si le gouvernement y voit un signal fort de confiance et de crédibilité internationale, certaines voix critiques dénoncent un risque de bradage des ressources nationales. L’archevêque de Lubumbashi, Fulgence Muteba Mugalu, a notamment estimé que cet accord pourrait compromettre le développement du pays et hypothéquer l’avenir des générations futures.

Clément Muamba