Intervenant lors de la 4e réunion du conseil des ministres tenue vendredi 5 juillet 2024, le VPM, ministre de la Défense nationale et anciens combattants, Guy Kabombo Mwadiamvita a présenté la situation sécuritaire qui d'après lui demeure calme sur l’ensemble du pays, excepté dans quelques zones de la partie Est où les Forces Armées de la République Démocratique du Congo restent déterminées à rétablir la paix et la sécurité et ainsi à restaurer l’autorité de l’Etat.
A ce sujet, Guy Kabombo Mwadiamvita a précisé que les opérations de contre-offensive pour la défense du territoire national par nos forces de défense et de sécurité se poursuivent face à l’armée rwandaise et ses supplétifs terroristes M23 dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Nyiragongo au Nord-Kivu.
« Au 1er juillet 2024, les FARDC ont repoussé une attaque de l’armée rwandaise et ses alliés dans la localité Kaniro en chefferie de Bahunde en neutralisant 04 ennemis et en blessant plusieurs autres. A la même date, notre Armée a récupéré les localités Kasenyi, Kinigi, Kawele, Kalonge, Kaniro, Rukofu et Bufaransa », a-t-il fait savoir dans le compte rendu de la réunion tenue sous la direction de la première ministre Judith Suminwa Tuluka.
À lui de poursuivre :
« Il a déploré l’attaque d’un Centre d’Examen d’Etat dans la localité Remeka, chefferie de Bahunde le 27 juin 2024 par le RDF et ses alliés causant la mort de plusieurs finalistes et autres blessés. Le gouvernement présente ses condoléances aux familles éplorées et exprime sa compassion aux victimes de ces actes qui ne resteront jamais impunis ».
Concomitamment sur d’autres fronts, a-t-il fait savoir, des opérations sont menées pour la traque des terroristes ADF/MTM qui s’illustrent par des incursions causant la mort des paisibles citoyens dans les territoires de Beni, Lubero au Nord-Kivu ainsi que du groupe armé CODECO dans le territoire de Djugu en Ituri.
« Le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense Nationale et Anciens Combattants a conclu son intervention en rassurant que le dispositif opérationnel vise à contenir les hostilités là où elles se trouvent, à stopper l’expansion de l’ennemi, à récupérer les espaces occupés et in fine à bouter l’armée rwandaise hors du territoire national tout en neutralisant son allié M23 », ajoute le compte rendu de la réunion.
Depuis sa résurgence deux ans après l'accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), soutenus en hommes et en équipements par l’armée rwandaise, selon plusieurs rapports des experts des Nations unies, vont de succès en succès dans sa conquête de la province du Nord-Kivu. Au total, depuis juillet 2023, le M23 a quasiment doublé la zone passée sous son contrôle avec sa propre son administration parallèle ne dépendant pas de Kinshasa.
Le rythme de la conquête s'est accéléré depuis le début du mois de mai de l'année en cours. Selon le mouvement citoyen Lucha, 87, c'est le nombre des villages cités occupés par l'armée Rwandaise et le M23 en territoires Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et Lubero dans la province du Nord-Kivu. Les forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont récemment abandonné Kanyabayonga, soumises depuis plusieurs semaines aux tirs de l’artillerie du M23 soutenus par le Rwanda. Cette situation a conduit à l'ouverture de plusieurs procès en flagrance avec des sanctions des peines de mort pour certains officiers militaires.
Les États-Unis avaient jeudi 4 juillet 2024 annoncé et salué une trêve de deux semaines signée entre l'armée congolaise et les rebelles du M23. D'après un communiqué de la maison blanche, cette mesure a pris cours depuis vendredi 5 juillet à minuit et ira jusqu'au 19 juillet 2024, ce pour permettre le retour volontaire des personnes déplacées et fournir au personnel humanitaire un accès sans entrave aux populations vulnérables.
Clément MUAMBA