RDC : Judith Suminwa veut voir le projet de loi de finances rectificative 2026 déposé à l’Assemblée nationale avant la fin du mois de mai

Judith Suminwa à l'Assemblée nationale
Judith Suminwa à l'Assemblée nationale

La question des préparatifs et du dépôt du projet de loi de finances rectificative 2026 a été abordée lors de la communication de la Première ministre Judith Suminwa à la 88e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 9 mai 2026 à la Cité de l’Union africaine. Cette interpellation de la cheffe du gouvernement intervient dans un contexte où la session ordinaire de mars 2026 s’achemine progressivement vers sa clôture, conformément aux dispositions de l’article 115 de la Constitution.

À cette occasion, rapporte le compte rendu de la réunion, la cheffe du gouvernement a exposé les raisons justifiant l’élaboration du projet de loi de finances rectificative 2026. Elle a notamment souligné que "l’évolution du contexte politique et économique, tant au plan international que national, a significativement affecté certaines variables du cadrage macroéconomique ayant servi de base à l’élaboration du budget 2026 du pouvoir central".

Face à cette évolution de la conjoncture économique, poursuit le compte rendu de la réunion, la cheffe du gouvernement Judith Suminwa a demandé au Vice-Premier ministre, Ministre en charge du Budget "d’accélérer les travaux relatifs au projet de loi de finances rectificative afin que celui-ci soit déposé avant la fin du mois de mai courant au Parlement". Selon la toujours la cheffe du gouvernement, cette loi de finances rectificative devra également intégrer "les conclusions des travaux réalisés par nos experts dans le cadre de la troisième revue du Fonds monétaire international (FMI)".

Face à un environnement international instable et à la baisse des recettes publiques, les deux chambres du Parlement à savoir l’Assemblée nationale et le Sénat  attendent du gouvernement, en urgence, le dépôt du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. Les présidents des deux chambres, Aimé Boji Sangara et Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, l’avaient rappelé lundi 16 mars 2026 à l’ouverture de la session ordinaire de mars, au Palais du Peuple à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

Après son adoption par l’Assemblée nationale et le Sénat, le président de la République, Félix Tshisekedi, avait promulgué la loi de finances 2026 de la RDC, chiffrée à 54 335,8 milliards de francs congolais, soit l’équivalent de 22 milliards de dollars américains. Ce budget représentait un taux d’accroissement de 7,2 % par rapport à la loi de finances rectificative 2025, évaluée à 50 691,8 milliards de francs congolais. La promulgation était intervenue à la suite d’une ordonnance présidentielle signée le 29 décembre 2025 et lue à la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC) par le porte-parole adjoint du chef de l’État.

Cependant, depuis la promulgation de cette loi de finances, malgré le satisfecit affiché par certains membres du gouvernement, la mobilisation des recettes au cours du premier trimestre 2026 a révélé d’importantes difficultés. Cette situation s’est notamment traduite par des retards fréquents dans le paiement des agents et fonctionnaires de l’État, perturbant ainsi le rythme normal de la paie.

Autre élément majeur ayant renforcé les inquiétudes du gouvernement : l’évolution de la situation géopolitique internationale, particulièrement au Moyen-Orient. Lors d'une réunion du Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi avait alerté les membres du gouvernement sur les tensions dans cette région du monde, soulignant qu’elles commencent déjà à affecter les marchés énergétiques et financiers internationaux. Le chef de l’État avait ainsi insisté sur la nécessité pour le gouvernement de prendre des mesures appropriées afin de faire face aux répercussions économiques de cette conjoncture mondiale.

Clément MUAMBA