Ève Bazaiba, activiste de défense des droits des femmes et Ministre d'État, ministre de l'Environnement et du Développement durable, a salué la nomination de la première Première ministre de l’histoire de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka. Intervenant lors d'un briefing presse coanimé avec ses collègues de la Communication et des Médias ainsi que celui de la Santé publique, Ève Bazaiba a félicité le Président Félix Tshisekedi, champion de la masculinité positive, qui ne cesse d'encourager les femmes à occuper des postes de responsabilité.
"J'applaudis le combat pour la femme, un combat que nous avons mené depuis plusieurs années. Aujourd'hui, nous avons brisé le plafond de verre en ayant une femme cheffe du gouvernement, cheffe de l'exécutif central, ce n'est pas anodin. Je salue et félicite également le Chef de l'État, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, champion de la masculinité positive, consacré tel car il a agi, depuis son avènement au pouvoir, pour la présence des femmes non seulement dans différentes instances de prise de décisions mais surtout par le niveau et la qualité des femmes. Je pense qu'avec la nomination actuelle de notre sœur Judith Suminwa Tuluka, il faudrait décerner un autre prix au chef de l'État," a déclaré Ève Bazaiba mercredi 3 avril 2024 dans son intervention.
Ève Bazaiba a souligné qu'il s'agit de la consécration d'un combat de longue date. Selon elle, des avancées ont été enregistrées, même au niveau législatif. Elle a saisi cette occasion pour exhorter les responsables des partis politiques à suivre l'exemple donné par le Chef de l'État en alignant davantage de femmes en politique.
"Du point de vue du cadre légal, nous avons évolué à une vitesse extraordinaire de 1960 à nos jours. Et maintenant, dans sa mise en œuvre, il y a eu tout ce qu'il y avait comme politique de l'émancipation de la femme, les promotions des droits de la femme, mais c'est maintenant que nous commençons à récolter les fruits. Nous nous en félicitons et réitérons nos félicitations à la volonté politique du Chef de l'État. Nous pensons qu'il subsiste encore des résistances au niveau de certains partis politiques. Nous pensons que les partis politiques, étant des pépinières pour la gestion de la chose publique, les leaders politiques devraient suivre cet exemple venu d'en haut," a-t-elle souligné dans son intervention.
Pour ces élections marquant le 4e cycle en RDC, le législateur congolais a cherché à mettre en œuvre les dispositions de l'article 14 de la Constitution, garantissant la parité homme-femme au sein des institutions. À cet effet, l'article 13 de la loi électorale a été introduit, stipulant que les listes électorales comprenant au moins 50 % de femmes dans une circonscription électorale sont exemptées du paiement de la caution.
Malgré cette innovation, certaines organisations de défense des droits des femmes se sont montrées dubitatives, notamment parce que cette innovation n'était pas contraignante. C'est le cas de Grace Lula, experte en matières électorales et membre du cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO), qui, s'adressant au DESK FEMME de ACTUALITE.CD, a noté une avancée lente.
La même observation a été faite par la mission d'observation électorale de la Synergie des missions d'observation citoyenne des élections en RDC (SYMOCEL), dans son rapport préliminaire publié samedi 30 décembre 2023. Malgré certaines innovations contenues dans la loi électorale visant à stimuler la participation des femmes en politique, son coordonnateur, Luc Lutala, estime que ces dispositions n'ont pas été suffisamment contraignantes pour les formations politiques.
Clément MUAMBA