Au moins vingt-quatre (24) personnes ont perdu la vie et des dizaines autres ont été blessées lors d’une attaque de drones de l’armée congolaise vendredi 8 mai dans la cité de Mushaki (territoire de Masisi). La localité est située dans la chefferie de Bahunde, à plus de 40 kilomètres à l’ouest de Goma.
L’attaque s’est produite dans l’après-midi, en plein jour de marché vers 16h, dans une zone sous contrôle de la rébellion AFC/M23, selon un habitant contacté par ACTUALITÉ.CD.
Cet habitant indique que certains blessés ont été pris en charge dans une structure sanitaire de la place, tandis que les cas les plus graves ont été évacués vers l’hôpital CBCA Ndosho. Les corps des victimes ont également été acheminés vers la morgue de cette même structure, en attendant leur inhumation.
La rébellion accuse les forces gouvernementales d’avoir mené, une nouvelle fois, des frappes de drones meurtrières contre le marché public de Mushaki. Le samedi 9 mai, des impacts de bombes ainsi que des dégâts matériels ont été constatés dans plusieurs quartiers et dans des champs environnants.
Dans un communiqué, le porte-parole du mouvement rebelle, Lawrence Kanyuka, a fait état d’un bilan provisoire faisant état d’au moins 21 civils tués et de plus de 67 blessés, parmi lesquels des femmes, des enfants et d’autres personnes vulnérables. Le mouvement qualifie cette attaque de violation grave du droit international humanitaire.
Le même communiqué indique que, depuis le début du mois, des frappes de drones auraient été menées dans plusieurs zones, en violation du cessez-le-feu recommandé dans le cadre du processus de Montreux en Suisse. Des localités de Minembwe au Sud-Kivu ainsi que des zones de Kalehe et de Masisi sont citées parmi les secteurs touchés.
Pour rappel, au mois de mars dernier, une position de la rébellion AFC/M23 avait déjà été ciblée par une frappe aérienne attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo dans la zone de Mushaki. Cette attaque avait visé une position située dans la ferme de l’homme d’affaires et ancien député national Edouard Mwangachuchu, à l’aide d’un drone militaire.
Josué Mutanava, à Goma