RDC : comment assurer l’encadrement des victimes des violences basées sur le genre ?

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Dans le cadre de la clôture de la campagne des 16 jours d'activisme des violences basées sur le genre qui a eu lieu du 25 novembre au 10 décembre 2023, le Desk Femme d'Actualité.cd a discuté avec Elsie Lotendo, coordonnatrice du mouvement Bisobasi Telema.


Madame Elsie Lotendo Pouvez-vous nous parler de vos activités ?

Elsie Lotendo Je suis formatrice en sécurité numérique et cyber-harcèlement. Coordonnatrice du Mouvement Féministe Bisobasi Telema qui milite pour les droits humains de la femme et contre toutes formes de violences à l'égard des femmes. Nous luttons aussi contre les violences en ligne. 

Avez-vous déjà reçu les victimes de violences sexuelles dans votre structure ?

Elsie Lotendo : Oui, nous en avons reçu. D'ailleurs actuellement, nous suivons deux cas de violences. Et souvent, c'est à travers nos collaborateurs et connaissances que les victimes nous contactent. Certaines aussi passent par les réseaux sociaux pour nous contacter. Ensuite, on fixe un rendez-vous avec les victimes pour les écouter.

La majeure partie des victimes ont subi quels types de violences ?

Elsie Lotendo : nous avons les cas des violences sexuelles, conjugales et maltraitances. 

Combien de victimes avez-vous reçu dans votre structure cette année ?

Elsie Lotendo : cette année était focalisée sur les cas des violences en ligne. Pour les violences physiques, on peut compter pratiquement 8 personnes.

Après les avoir reçues, comment se fait leur prise en charge ?

Elsie Lotendo : nous les mettons sous une prise en charge médicale, surtout les cas de viol. Ensuite, on les soumet à des avocats qui nous accompagnent dans la gestion du dossier au niveau du parquet. Ensuite, on les laisse entre les mains des psychologues pour l'accompagnement psychologique. 

Avez-vous déjà enregistré des cas de décès ou de grossesse dus à la violence faite à ces femmes ?

Elsie Lotendo : Non pas encore 

Comment se passe leur réintégration dans la société ?

Elsie Lotendo : Après un accompagnement psychologique, on les intègre dans notre organisation comme membre pour certaines, pour d'autres on les appuie financièrement pour les petits commerces seulement avec l'aide des partenaires. Sinon, on les encourage à intégrer les organisations associatives pour leurs épanouissements. 

Est-ce qu'il y a-t-il des suivis après leur réinsertion ? 

Elsie Lotendo : On reste en contact avec elles pour savoir comment elles évoluent. Et certaines nous appellent aussi après la guérison au niveau mental pour nous remercier.

Quelles mesures préconisez-vous pour mettre fin aux violences faites aux femmes ?

Elsie Lotendo : le conseil sera en premier lieu orienté vers le gouvernement pour des dispositions et une prise en charge des personnes victimes. Car à chaque fois qu'on entre en contact avec les institutions, c'est toujours compliqué et trop procédural pendant que la situation des victimes empire. 

Votre dernier mot ?

Elsie Lotendo : l'éducation au niveau des familles doit se faire pour éduquer les garçons sur les inconvénients des violences à l'égard des femmes.

Propos recueillis par Grace GUKA