La rentrée scolaire n'est pas toujours effective dans la cité de Kwamouth. Aucun enfant ne s'est présenté à l'école du lundi au samedi de cette première semaine. Des parents retiennent les enfants suite aux enlèvements devenus fréquents à quelques kilomètres de la cité, livre à ACTUALITE.CD, la société civile locale basée dans cette cité.
"Les enseignants se pointent dans les écoles et les chefs d'établissements mais s'agissant des enfants, ces derniers ne viennent pas. Les parents gardent leur position", indique Martin Suta, président de la société civile.
Il y a près de trois semaines, quatre personnes ont été enlevées à 18 km de la cité de Kwamouth et restent sans destination connue jusqu'à ce jour. Bien avant, plusieurs personnes ont été prises en otage par les miliciens Mobondo qui opèrent dans cette partie du pays.
Au-delà des raisons sécuritaires, la situation économique est aussi précaire. Le territoire qui a pour principale activité l'agriculture, voit ses champs et les forêts occupés par les miliciens, accès interdit à la population cultivatrice. Situation à la base de la crise économique mettant en difficulté les parents de se procurer des fournitures scolaires pour les enfants.
"Comprenez que la population de Kwamouth ne vit que de l'agriculture. Compte tenu du fait que les forêts sont occupées par les miliciens qui empêchent la population d'accéder, les parents n'ont pas de moyens pour faire scolariser les enfants", précise le président de la société civile de Kwamouth.
Pendant ce temps, la situation reste la même dans les villages touchés par l'insécurité et ceux habités par les miliciens. Aucune école ne fonctionne. Déjà que les enseignants et chefs d'établissements déplacés vivant à Bandundu posent des conditions pour retourner à Kwamouth. C'est notamment des assurances sécuritaires et les moyens pour y retourner.
"Nous ne refusons pas de retourner dans nos services respectifs mais nous demandons seulement que la paix soit rétablie. Nous sommes prêts mais que l'État nous rassure que réellement la paix est déjà là et qu'il mette à notre disposition, les moyens adéquats", déclare un Chef d'établissement déplacé.
L'année 2022, il n'y a pas eu école dans plusieurs villages de Kwamouth et des nombreux élèves finalistes ont raté les épreuves certificatives.
Les provinces voisines de Kwilu et Kwango avaient respectivement reçu 16 et 15 élèves finalistes des humanités qui ont été pris en charge par les deux gouvernements provinciaux, hors ceux en cycle primaire.
Jonathan Mesa, à Bandundu