Journée de l’Europe: la RDC plaide pour un soutien "accru" de l’UE aux mécanismes de paix, au respect du droit international et aux efforts visant à restaurer l’autorité de l’État

Photo d'illustration
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Le gouvernement de la République démocratique du Congo, représenté par le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a pris part, aux côtés des ambassadeurs de l’Union européenne accrédités en RDC, à la Journée de l’Europe 2026, célébrée chaque 9 mai.

Cette journée marque l’anniversaire de la Déclaration Schuman, acte fondateur de l’Union européenne visant à garantir la paix par la coopération économique. Il s’agit d’une célébration de l’unité européenne, de la démocratie et de la paix, marquée par des événements, des débats et des journées portes ouvertes à travers toute l’Union européenne.

Prenant la parole lors de la réception organisée à cette occasion,  samedi 9 mai 2026, à la résidence de l’ambassadeur de l’Union européenne à Kinshasa, capitale de la RDC, le garde des Sceaux congolais Guillaume Ngefa a plaidé pour " un soutien accru " de l’Union européenne aux mécanismes de paix, " une vigilance renforcée face aux violations du droit international " ainsi qu’un appui aux efforts visant à restaurer pleinement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, particulièrement dans l’Est de la RDC, occupé par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.

"Notre pays demeure confronté, depuis plusieurs décennies, à des défis sécuritaires persistants, notamment dans sa partie orientale, où des groupes armés, souvent soutenus de l’extérieur, continuent de porter atteinte à la souveraineté nationale, à l’intégrité territoriale et à la sécurité des populations civiles. Dans ce contexte, la stabilité de la République Démocratique du Congo ne saurait être envisagée isolément. Elle est indissociable de celle de l’ensemble de la région des Grands Lacs et constitue, à ce titre, un enjeu majeur pour la paix et la sécurité internationales.  C’est pourquoi la RDC réaffirme avec constance et fermeté son attachement aux principes fondamentaux du droit international, en particulier le respect de la souveraineté des États, de leur intégrité territoriale et de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures", a déclaré le Ministre d'État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux Guillaume Ngefa lors de sa prise de parole

Après avoir réaffirmé l’attachement de la République démocratique du Congo aux principes fondamentaux du droit international, notamment le respect de la souveraineté des États, de leur intégrité territoriale et du principe de non-ingérence, ce membre du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, s’adressant à l’Union européenne, a salué son rôle "en tant qu’acteur global engagé en faveur du multilatéralisme, du respect du droit international et de la prévention des conflits", tout en appelant à un engagement "constant, cohérent et lisible " dans la région des Grands Lacs.

"Nous appelons à ce que cet engagement se traduise de manière constante, cohérente et lisible dans la région des Grands Lacs, notamment par un soutien accru aux mécanismes régionaux et internationaux de paix; une vigilance renforcée face aux violations du droit international et un appui résolu aux efforts visant à restaurer pleinement l’autorité de l’État congolais sur l’ensemble de son territoire. Le partenariat entre la République Démocratique du Congo et l’Union européenne s’inscrit dans cette dynamique stratégique. Il ne saurait se limiter à une coopération sectorielle ; il doit s’affirmer comme un véritable levier de stabilité, de sécurité et de développement durable. Dans un contexte international marqué par la recomposition des équilibres de puissance, l’intensification des rivalités géopolitiques et l’émergence de défis globaux, le renforcement d’alliances fondées sur des valeurs communes paix, justice et solidarité apparaît plus que jamais indispensable", a souligné le Ministre d'État, Ministre de la justice et garde des Sceaux Guillaume Ngefa.

Par ailleurs, Guillaume Ngefa a rappelé qu’il y a 76 ans, Robert Schuman posait les bases d’une architecture de paix reposant sur une solidarité de fait. Selon lui, cette intuition fondatrice conserve aujourd’hui toute sa pertinence, à l’heure où les tensions géopolitiques, les conflits armés et les logiques de puissance mettent à rude épreuve les équilibres internationaux et fragilisent les fondements du multilatéralisme.

Pour la République démocratique du Congo, cette réflexion revêt une portée toute particulière. Sous la haute autorité du Président Félix Tshisekedi dont la vision est celle d’une République démocratique du Congo pleinement souveraine, pacifiée et affirmée comme un acteur central de la stabilité régionale et du multilatéralisme, et sous la conduite du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa engagé dans la consolidation de l’État de droit, le renforcement de l’autorité de l’État et la promotion d’une diplomatie active et cohérente, la RDC demeure résolument mobilisée en faveur de la paix, de la sécurité et du respect du droit international.

"L’esprit de la Déclaration Schuman nous enseigne que la paix n’est jamais acquise : elle se construit, se protège et se défend. Pour la République Démocratique du Congo, cette exigence est une réalité quotidienne. Elle appelle à une mobilisation collective, à une responsabilité partagée et à un engagement sans ambiguïté en faveur du respect du droit, de la souveraineté et de la dignité humaine.  À l’occasion de cette Journée de l’Europe, formons le vœu que notre partenariat continue de se renforcer, dans une perspective stratégique, lucide et ambitieuse, au service de la paix, de la sécurité et d’une prospérité équitable et durable", a soutenu le garde des Sceaux congolais Guillaume Ngefa

En dépit des avancées enregistrées sur le papier dans les processus de Washington, qui prend en charge la crise entre Kinshasa et Kigali  marqué par l’entérinement des accords par Félix Tshisekedi et Paul Kagame  ainsi que celui de Doha, caractérisé par la signature de l’accord-cadre entre Kinshasa et l’AFC/M23 et des récents engagements pris à Montreux en Suisse, la situation sur le terrain peine à s’améliorer. Elle demeure marquée par la poursuite de l’escalade et par des accusations mutuelles de non-respect des engagements entre les différentes parties au conflit.

Consécutivement à l’entrée en jeu des États-Unis, qui prennent en charge la crise entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’au rôle de l’État du Qatar, impliqué dans la gestion du conflit opposant le gouvernement congolais à la rébellion de l’AFC/M23, l’Union européenne semble, selon plusieurs observateurs, prendre du recul concernant la crise dans la région des Grands Lacs alors que l’année dernière, au lendemain de l’occupation des villes de Goma et Bukavu par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, l’Union européenne avait joué un rôle majeur pour faire pression sur Kigali et sur le mouvement rebelle, dans l’objectif d’aboutir à la résolution de la crise en cours.

C’est dans ce cadre que les sanctions individuelles de l’Union européenne contre des responsables rwandais ont été adoptées le lundi 17 mars 2025. Depuis lors, l'attitude de l'Union européenne est perçue par certains comme une spectatrice alors que pour de nombreux observateurs, la crise sécuritaire dans la région des Grands Lacs, et plus particulièrement dans l’est de la RDC, nécessite une pression accrue et coordonnée de l’ensemble de la communauté internationale afin de contraindre les parties à honorer leurs engagements.

Clément MUAMBA