Décès maternels en RDC : des hommes témoignent
Jeudi 4 août 2022 - 20:30
Photo/ Actualité.cd
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Dans le monde, environ 830 femmes meurent chaque jour suites à des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement, selon l’OMS. En République Démocratique du Congo, le gouvernement et ses partenaires, dont le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), estiment qu’au moins 4 femmes meurent chaque heure pour les mêmes causes. Des kinois  ayant perdu ou connu une femme morte en couches se sont livré au Desk Femme d'Actualité.cd   

" il y a environ trois mois, j'ai appris que la petite sœur d'une amie est décédée. Elle était mariée et déjà mère de deux enfants. Pour sa troisième grossesse, le médecin lui a recommandé une césarienne. Pendant cette opération, elle est décédée" regrette Henri Manda, un chauffeur de taxi trouvé au rond-point Huileries.   Au sujet de la césarienne, Henock Lukoki, agent auprès de la Rawbank à Kinshasa, vient également d’apprendre le décès d’une condisciple quelques mois après son mariage. 

" J'ai appris en début de semaine, qu'une ancienne condisciple est décédée. On ne l'a pas encore enterrée. (...) Nous avons participé à toutes les cérémonies de son mariage l'an dernier. Durant sa grossesse, le médecin l'avait prévenu que son accouchement serait par césarienne. Mais nous ne savons pas quelles sont les complications  que les médecins ont pu rencontrer lors de l'accouchement pour qu'elle meurt. C'est injuste ! Elle a perdu la vie, pendant qu'elle la donnait. Le bébé est en bonne santé. Il faudra lui dire plus tard que sa mère était morte pendant ce moment crucial", déplore-t-il.  

Des complications non précisées   Alors qu’il était à Lubumbashi, dans la province du Haut Katanga, Fabrice Kasereka a perdu l’une de ses sœurs lors d’un accouchement. Un drame, qui n’a jamais quitté ses souvenirs.

" J'avais 17 ans à l’époque. Ma sœur venait de se marier et sa première grossesse l'a emportée. Des médecins ont dit à son époux qu’ils étaient arrivés tard à l’hôpital. Le temps de travail était dépassé. Les efforts qu’ils ont entrepris n’ont pas permis de préserver sa vie. Son bébé et elle sont décédés (...) J'en garde un mauvais souvenir. Et pourtant à Kinshasa, ma femme a déjà accouché trois fois et cette raison n'a été évoquée à aucun moment. Je me demande bien pourquoi ", confie-t-il.

Vendeur ambulant d' objets en plastiques, Emmanuel Mpufuni reconnaît avoir entendu dans son quartier à Masina, des jeunes filles mourir au cours de l'accouchement. Cependant, les causes ne sont pas connues.

"Elles sont allées dans nos centres de santé à Masina. Il y a au moins deux centres sur notre rue. Depuis que l'année (2022 ndlr) a commencé, au moins trois jeunes femmes sont décédées. Les médecins parlaient des complications, sans préciser lesquelles", reconnaît-il.  

Et de renchérir, "Les causes des décès maternels à Kinshasa peuvent être multiples. Les conditions sociales déjà ne sont pas bonnes. Avec de maigres revenus, comment voulez-vous que les femmes suivent régulièrement leurs rendez-vous de consultations prénatales ou postnatales dans des centres privés où les soins coûtent chers ? Comment voulez-vous qu'elles puissent avoir une alimentation équilibrée ? Comment voulez-vous que les centres offrent un service de qualité s’ils ne sont pas suivis à la loupe par l’Etat ?".

Prisca Lokale    

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