Ituri : reprise timide des cours à Djugu pour cause d'insécurité, certains enseignants ont aussi boycotté
EP Mongbwalu, territoire de Djugu (Ituri). Ph. ACTUALITE.CD.

Les cours ont repris timidement ce lundi 10 août dans plusieurs écoles du territoire de Djugu, secoué par des violences. C'est le cas de la commune rurale de Munbgalu, secteur autonome de la chefferie de Banyali Kilo où des élèves finalistes du primaire et du secondaire ont répondu présent.

Mais l'absence de nombreux élèves actuellement en déplacement à cause de l'insécurité était remarquable dans des écoles visitées par ACTUALITE.CD. 

" Nous sommes désolés vraiment. Je m'attendais au moins à 80 finalistes dans mon école, malheureusement je ne trouve que 53 qui sont ici. Beaucoup de parents avaient déjà déplacé leurs enfants vers d'autres territoires notamment Mahagi, Aru et les autres vers Bunia. C'est un manque à gagner pour notre éducation. C'est pourquoi nous demandons au gouvernement congolais de rétablir la paix pour nous faciliter cette tâche éducative. Même à Mungbalu ici les parents vivent dans une psychose. Ils redoutaient des attaques des miliciens de CODECO. C'est pourquoi ils avaient aussi fait voyager leurs enfants", a témoigné Déogratias Nesombahu, directeur de l'école primaire 2 Kilo Moto.

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La même observation a été également faite à l'école primaire 3 Mungbalu.

" Nous sommes inquiets en tout cas. 170 élèves étaient attendus pour ce grand rendez-vous, nous avons maintenant 67 qui sont présents. Les miliciens de CODECO sont la cause de la fuite des milliers d'enfants dans d'autres milieux qu'ils jugent sécurisés notamment Bunia. J'ai appelé d'autres parents au téléphone et ils me disent qu'ils préfèrent garder leurs enfants craignant pour leur sécurité. C'est compliqué ici", s'inquiète Pascaline  Patsiwegu, directrice adjointe de l'école primaire 2 Kilo Moto.

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Par contre, dans d'autres écoles ce sont plutôt les enseignants qui boycottent les cours. Ces professionnels de la craie veulent voir claire sur la régularisation de leur situation salariale.

" Vous voyez comment suis reste seule ici? Quasiment tous les enseignants ont boycotté la reprise des cours. Sur 12 enseignants attendus, rien que 5 sont présents mais en colère. Le Chef de l'État doit réaliser sa promesse. S'il réalise, nous serons dans la joie et nous allons bien encadrer les enfants. En réalité, sans trouver gain de cause à nos revendications, nous n'allons pas bien travailler. Il y a d'autres enseignants qui sont bloqués dans des villages et territoires mais aussi à Bunia faute des frais de transport. Vous trouvez ça normal ?", se plaint Nemma, préfet des études à l'Institut Goli, une école de l'église protestatante. 

Cette reprise des cours intervient au lendemain des tueries de plus au moins 19 personnes dans trois villages dont Liseyi et Liberia dans le secteur de Banyali Kilo (Djugu).

Franck Asante, depuis Djugu

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