La guérison de la maladie à virus Ebola ne marque pas toujours la fin des difficultés pour les personnes qui y ont survécu. En République démocratique du Congo (RDC), certains anciens patients font face à la stigmatisation, à la perte de leur emploi et au rejet de leurs communautés après leur sortie des centres de traitement, alerte Médecins Sans Frontières (MSF).
Dans un communiqué consacré à la prise en charge psychosociale des patients atteints d'Ebola et de leurs proches, l'organisation explique que plusieurs survivants rencontrent des difficultés à retrouver leur place dans la société, malgré leur guérison.
À Mongbwalu, en Ituri, MSF assure un suivi médical et psychologique des personnes guéries à travers une « clinique des survivants ». Ces dernières y bénéficient de consultations régulières plusieurs mois après leur sortie des centres de traitement, afin de prévenir d'éventuelles complications liées à la maladie et de bénéficier d'un accompagnement psychologique à plus long terme.
Selon Phoebe Zueya Yonkeu, responsable des activités de santé mentale du centre de traitement de MSF à Mongbwalu, certains anciens patients témoignent des difficultés rencontrées à leur retour dans leurs communautés.
« Beaucoup confient avoir été victimes de stigmatisation quand ils sont rentrés chez eux, avoir perdu leur emploi, ou été rejetés par leur communauté qui les croyait toujours contagieux », explique-t-elle.
Au-delà du rejet social, certains survivants éprouvent également un sentiment de culpabilité lié à la disparition de leurs proches emportés par la maladie. D'après MSF, certains se demandent même s'ils ne sont pas responsables de leur contamination.
Face à ces difficultés, l'organisation indique organiser des consultations individuelles ainsi que des groupes de parole pour accompagner les personnes guéries dans leur rétablissement psychologique.
Cet accompagnement vise notamment à aider les survivants à faire face aux traumatismes liés à la maladie, mais aussi aux conséquences sociales de leur expérience, qui peuvent persister après leur guérison.
Pour MSF, la prise en charge d'Ebola ne se limite donc pas aux soins administrés pendant l'hospitalisation, mais doit également prendre en compte les difficultés auxquelles les survivants sont confrontés lorsqu'ils retournent dans leurs communautés.
Josué Mutanava, à Goma