Après les étapes de Goma (Nord-Kivu), zone sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23 et de Kigali (Rwanda), le Panel des facilitateurs désignés par l’Union africaine (UA) pour contribuer au règlement de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) est arrivé ce jeudi 8 octobre 2026, à Kinshasa, capitale de la RDC, dans le cadre de la tournée initiée dans la sous-région des Grands Lacs. Cette visite intervient dans un contexte marqué par la poursuite des hostilités entre la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda et les forces gouvernementales dans l’Est du pays
D’après la Présidence de la République congolaise, qui a annoncé cette arrivée, les anciens chefs d’État Uhuru Kenyatta du Kenya, Mokgweetsi Masisi du Botswana et Sahle-Work Zewde de l’Éthiopie ont rejoint Mme Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de la République centrafricaine, arrivée à Kinshasa dans la soirée du mercredi 7 octobre. Selon la même source, le Panel des facilitateurs de l’UA prévoit dans son agenda, une rencontre avec le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi pour un échange axé sur les engagements de la République démocratique du Congo dans le cadre du processus de paix
« Cette rencontre permettra au chef de l’État d’exposer toutes les avancées du processus de paix et les actes de bonne foi posés par le gouvernement de la République afin de ramener la paix » précise la cellule de communication de Félix Tshisekedi
La délégation du Panel de l’UA, composée de Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie, de l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta et de l’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi, avait auparavant échangé avec des représentants de la MONUSCO, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM), ainsi qu’avec des responsables de l’AFC/M23. Dans un communiqué de l'Union africaine, le Panel des facilitateurs de l’Union africaine a appelé les rebelles de l’AFC/M23 et les forces armées, parties impliquées dans la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, à respecter le cessez-le-feu
D’après toujours le communiqué de l’Union africaine, ces consultations ont notamment porté sur l’évolution du processus de paix, la situation sécuritaire et humanitaire, ainsi que sur les mesures susceptibles de renforcer la confiance entre les différentes parties. Le Panel réaffirme que la paix durable dans l’Est de la RDC passe par le dialogue politique. Il encourage également la poursuite des engagements de bonne foi dans le cadre du processus de Doha et appelle au strict respect des engagements de cessez-le-feu, à la pleine coopération avec les mécanismes de vérification ainsi qu’à la retenue face à toute action susceptible de compromettre le processus de paix
Cette tournée intervient après l’adoption par le Panel des facilitateurs de l’Union africaine, d’une feuille de route de six mois et d’un plan d’action opérationnel destinés à faire avancer le processus de paix conduit par l’organisation panafricaine dans l’Est de la RDC. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion tenue les 25 et 26 juillet à Gaborone, au Botswana
Le document couvre la période de juillet à décembre 2026 et fixe des actions prioritaires dans plusieurs domaines, notamment la coordination et l’appui stratégique, l’analyse politique, les questions militaires et sécuritaires, l’accès humanitaire, le dialogue avec les groupes armés, la coopération économique régionale et les ressources naturelles, ainsi que la réconciliation et l’implication de la société civile, des femmes et des jeunes
Cette feuille de route vise à fournir un cadre coordonné permettant au Panel des facilitateurs et au Secrétariat conjoint indépendant (Independent Joint Secretariat, IJS) de soutenir les efforts du médiateur de l’UA, d’accompagner la mise en œuvre des engagements déjà pris, de renforcer la coordination avec les processus de Washington et de Doha et d’organiser des actions aux niveaux politique, technique et sur le terrain.
Le plan prévoit également des mécanismes de suivi, notamment à travers des rapports réguliers, des analyses conjointes, des missions de terrain, une mobilisation des ressources ainsi qu’une coordination avec les partenaires régionaux et internationaux
Clément MUAMBA