En séjour de travail à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo et après sa rencontre avec la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, le Groupe d’experts des Nations unies chargé d’appuyer le Comité des sanctions du Conseil de sécurité concernant la RDC a été reçu par le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali.
Selon la cellule de communication du ministère de la Justice, les échanges, qui ont eu lieu ce mardi 6 octobre 2026, ont porté sur la situation dans l’Est du pays, la persistance des violences armées ainsi que leurs conséquences sur la justice et la protection des populations civiles
À cette occasion, le ministre d’État Guillaume Ngefa Atondoko a réaffirmé l’attachement du gouvernement au respect du droit international et des engagements internationaux, soulignant que toute démarche visant à établir les responsabilités doit reposer sur des faits établis et s’inscrire dans le respect des procédures légales
Selon le garde des Sceaux congolais, la recherche de la paix dans l’Est de la RDC doit également aller de pair avec le respect du droit international, l’établissement des responsabilités et la lutte contre l’impunité. Guillaume Ngefa a également attiré l’attention sur les conséquences humaines, sociales et juridiques des conflits, particulièrement pour les populations les plus vulnérables, notamment les enfants vivant dans les zones affectées
« Nos échanges ont porté sur la situation dans l’Est de notre pays, la lutte contre l’impunité, ainsi que sur les enjeux de justice et de protection des populations civiles. J’ai réaffirmé que la recherche de la paix doit aller de pair avec le respect du droit, de nos engagements internationaux et de l’établissement des responsabilités sur la base de faits documentés et de procédures légales. J’ai également insisté sur la nécessité de prendre pleinement en compte les conséquences humaines, sociales et juridiques des conflits, en particulier pour les populations les plus vulnérables » a fait savoir Guillaume Ngefa, garde des Sceaux congolais
Pour le ministre de la Justice, la crise dans l’Est ne peut être appréhendée sous le seul angle sécuritaire. Les efforts en faveur de la paix doivent également s’accompagner de réponses judiciaires et institutionnelles permettant de protéger les populations, de garantir leurs droits et de lutter durablement contre l’impunité
Le ministre d’État Guillaume Ngefa a réaffirmé la disponibilité de ses services à poursuivre la coopération avec les mécanismes compétents des Nations unies, dans le respect des institutions de la République, des procédures légales et des exigences de confidentialité
« La justice demeure un pilier essentiel d’une paix durable et d’une stabilité fondée sur la vérité et la responsabilité. J’ai enfin réaffirmé la disponibilité de mes services à poursuivre une coopération constructive avec les mécanismes compétents des Nations unies, dans le respect de nos institutions, de nos prérogatives nationales et des exigences de confidentialité » a rassuré le ministre Guillaume Ngefa à l’issue de l’entretien
Cette rencontre intervient après que le Conseil de sécurité, l’un des principaux organes de l’Organisation des Nations unies (ONU), créé par la Charte des Nations unies et investi de la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, a prorogé, lundi 29 juin 2026, depuis New York, aux États-Unis, le régime de sanctions applicable à la République démocratique du Congo (RDC) jusqu’au 1er juillet 2027. Il a également renouvelé le mandat du Groupe d’experts chargé de veiller à sa mise en œuvre.
En adoptant à l’unanimité de ses 15 membres la résolution 2825 (2026), le Conseil de sécurité avait demandé à tous les États, en particulier à ceux de la région des Grands Lacs, de renforcer leur coopération avec le Groupe d’experts et de lui garantir « toute liberté d’accès sécurisé », notamment aux personnes, aux documents et aux lieux jugés utiles à l’exécution de son mandat. Pour la France, porte-plume du texte, par la voix de son représentant permanent auprès de l’ONU, l’ambassadeur Jérôme Bonnafont, ces sanctions constituent des outils essentiels pour lutter contre les violences et la déstabilisation imputables aux groupes armés dans l’Est de la RDC
L’adoption de cette résolution intervient alors que, malgré la signature de l’Accord de Washington et la tenue successive de réunions d’évaluation, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC continue de se détériorer Des tensions persistent également entre Kinshasa et Kigali, chaque camp interprétant à sa manière les dispositions de l’Accord de Washington, ce qui rend sa mise en œuvre complexe et difficile, une année après sa signature au niveau ministériel.
Il en va de même pour le processus de Doha, placé sous l’égide de l’État du Qatar. Malgré plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et la rébellion de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC)/M23, soutenue par le Rwanda, peinent toujours à rapprocher leurs positions sur les principaux points de divergence. L’étape de Montreux, en Suisse, qui devait insuffler une nouvelle dynamique à ce processus, n’a pas produit les résultats escomptés. Les engagements issus de cette phase de négociations n’ont pas été pleinement respectés.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever aux niveaux national, régional et international pour appeler les différents protagonistes au respect des engagements souscrits dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels demeurent, jusqu’à présent sans effet notable sur le terrain
Clément MUAMBA