La délégation de la Présidence de la République conduite par le directeur de cabinet du chef de l’État, Anthony Nkinzo Kamole, accompagné de Fortunat Biselele a été reçue ce jeudi 8 octobre 2026 par le président de l’Église du Christ au Congo (ECC), Mgr André Bokundoa Bo Likabe. La délégation était venue lui présenter les orientations du président Félix Tshisekedi sur le dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Cette rencontre a également connu la participation de Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO)
Cette nouvelle rencontre intervient après une première consultation avec la CENCO à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, à travers Mgr Fulgence Muteba, président de la CENCO. Cette rencontre avait également connu la participation d’Éric Nsenga, secrétaire général et porte-parole de l’Église du Christ au Congo (ECC). Ces échanges doivent déboucher sur la création d’un comité d’organisation et d’une commission préparatoire, sans qu’aucune date pour la tenue du dialogue n’ait encore été annoncée. Lors de la précédente rencontre, l’Église catholique, selon une publication du compte X de la CENCO, avait réaffirmé son ouverture au dialogue, tout en insistant sur l’inclusivité et la crédibilité du processus
Les deux confessions religieuses sont par ailleurs porteuses d’une autre initiative, dénommée « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs ». Ces deux confessions religieuses, qui semblent jusqu’ici émettre des réserves à l’égard de l’initiative de Félix Tshisekedi ont toujours estimé que « l’aboutissement salvateur de ce “Pacte social” permettra à l’Afrique de s’affranchir des conflits politiques et armés pour s’inscrire dans la logique de la fraternité mondiale des peuples, des communautés et des Nations, promouvant ainsi le modèle de l’État de droit démocratique stable et solide dans nos différents pays ».
Pour y parvenir, elles ont toujours invité « à manifester une adhésion massive et enthousiaste à cet Appel prophétique et pastoral », qui, soulignent-elles, convie à interagir et à échanger sur la base, entre autres, de postulats invitant à « revenir à nos valeurs sociologiques et spirituelles de Bumuntu pour construire la Paix durable et le Bien-Vivre-ensemble en RDC et dans la Région des Grands Lacs » et à « privilégier les consensus par le palabre pour trouver des solutions idoines aux causes profondes » des conflits armés qui endeuillent et ensanglantent la RDC
Ces échanges interviennent à un moment clé du processus marqué par la mise en place progressive des organes préparatoires du dialogue, notamment le comité d’organisation et la commission préparatoire. Ce processus de dialogue national, placé sous le suivi du sommet de l’État devrait aboutir à la mise en place d’un Pacte national autour de la restauration de la paix, du renforcement de la cohésion nationale et de la refondation de l’État
Il sied de signaler que dans ce comité préparatoire institué par ordonnance présidentielle et qui attend la prochaine désignation de ses animateurs, le directeur de cabinet du président de la République est appelé à jouer un rôle majeur. Selon la même ordonnance, le comité rendra régulièrement compte de ses activités au président de la République, par l’intermédiaire de son directeur de cabinet, notamment au moyen de notes d’étape, de séances de briefing ou de rapports circonstanciés. Les orientations présidentielles lui seront également transmises par le directeur de cabinet
La durée de sa mission n’est pas limitée par une échéance précise. Le comité accompagnera « toute la vie du processus du dialogue » et cessera ses activités après la remise de son rapport final. Son fonctionnement, ainsi que celui de son secrétariat technique, sera financé par le Trésor public. Le texte mentionne également les dons, legs et libéralités parmi ses ressources. Les membres du comité et les experts bénéficieront d’une allocation forfaitaire mensuelle. Son montant et ses modalités de paiement seront fixés par le directeur de cabinet du président de la République après validation par le chef de l’État
L’initiative de dialogue national lancée par le président Félix Tshisekedi intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires en RDC. Annoncé officiellement au mois d’août 2026 comme un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », le processus doit, selon la Présidence, traiter les causes structurelles de l’instabilité du pays et s’étendre sur une période maximale de trois mois en commençant à la base avant d’atteindre les instances nationales
Cependant, son format suscite des désaccords au sein de la classe politique. Une partie de l’opposition conteste notamment les modalités du processus et réclame davantage de garanties quant à son caractère inclusif et consensuel. La question de la préparation, de la facilitation et de la participation des différentes forces politiques et sociales demeure ainsi au cœur des divergences autour de ce dialogue
Clément MUAMBA