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Ebola en RDC : le Royaume-Uni renforce son soutien avec plus de 50 millions de livres sterling supplémentaires, portant sa contribution totale à 78 millions 

Le CTE de Beni

Le Royaume-Uni renforce son soutien à la République démocratique du Congo (RDC) face à l’aggravation de l’épidémie d’Ebola, qui ne cesse de progresser à une vitesse fulgurante et inquiétante, selon l’Organisation mondiale de la Santé et d’autres partenaires de la RDC. La ministre britannique chargée de l’Afrique, Kirsty McNeill, a annoncé un nouveau financement de plus de 50 millions de livres sterling (NDLR : 68 millions USD) supplémentaires, destiné à soutenir les communautés touchées, les professionnels de santé et les efforts visant à contenir la propagation du virus.

Cette nouvelle enveloppe porte la contribution totale du Royaume-Uni à la riposte à 78 millions de livres sterling (NDLR : 105 millions USD), selon le communiqué du ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement (FCDO), parvenu à ACTUALITE.CD mercredi 2 septembre 2026. L’annonce intervient alors que l’épidémie en RDC continue de s’étendre dans un contexte particulièrement difficile, marqué par les conflits, les déplacements de populations et l’ampleur des besoins humanitaires. Selon le gouvernement britannique, cette situation fait craindre une épidémie susceptible de devenir la plus meurtrière et la plus étendue jamais enregistrée.

Selon le même document, le nouveau financement britannique vise notamment à renforcer la surveillance épidémiologique, à soutenir les travailleurs de santé en première ligne et à améliorer les mesures de prévention et de contrôle des infections. Il doit également permettre d’élargir l’accès aux traitements, de renforcer la mobilisation et l’engagement des communautés, ainsi que de soutenir la mise en place d’inhumations sûres et dignes.

La ministre Kirsty McNeill a insisté sur l’urgence d’une intervention rapide alors que le virus continue de faire des victimes au sein des communautés congolaises.

« En République démocratique du Congo, des familles vivent des pertes inimaginables alors qu’Ebola ravage les communautés, emportant des vies et laissant des milliers d’autres personnes lutter pour leur survie », a déclaré Kirsty McNeill dans le communiqué.

Elle a souligné que la rapidité de la réponse demeure un élément déterminant pour limiter les pertes humaines.

« Nous savons que la rapidité sauve des vies, c’est pourquoi nous avons été parmi les premiers à engager notre soutien et nos experts dans la région, mais à mesure que l’épidémie s’intensifie, nous accélérons notre réponse pour être à la hauteur du défi », a-t-elle ajouté dans sa déclaration.

Par ailleurs, le Royaume-Uni affirme déjà participer à la riposte régionale à travers des partenariats avec les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les Nations unies et plusieurs organisations humanitaires présentes sur le terrain. Des experts britanniques en santé publique ont également été déployés dans la région afin d’appuyer les autorités et les partenaires dans plusieurs domaines, notamment la surveillance des maladies, la prévention et le contrôle des infections, la mobilisation communautaire et la préparation aux épidémies.

Pour Londres, l’objectif est double : contribuer à sauver des vies en RDC et réduire le risque de propagation du virus au-delà des zones actuellement affectées. L’annonce de cette nouvelle aide est intervenue lors de la première intervention parlementaire de Kirsty McNeill après la reprise des travaux du Parlement britannique. Cette séquence traduit, selon le communiqué, l’importance accordée par le gouvernement britannique à la situation épidémiologique en RDC et à la nécessité d’une réponse internationale rapide.

Le FCDO présente cette intervention comme une accélération de l’aide britannique alors que l’épidémie évolue dans un environnement où les facteurs humanitaires et sécuritaires compliquent considérablement l’action des équipes médicales. Selon le même document, le nouveau programme représente 51 millions de livres sterling. Cette enveloppe comprend, premièrement, 40 millions de livres sterling provenant de fonds d’urgence humanitaire et de dépenses non affectées, mais aussi 11 millions de livres sterling réaffectés à partir des allocations existantes du FCDO.

Ce financement doit permettre de renforcer les capacités de la riposte et d’apporter un soutien supplémentaire aux populations vulnérables ainsi qu’aux personnels engagés dans la lutte contre Ebola.

« Au-delà de l’aide financière, Londres réaffirme ainsi son engagement aux côtés de la RDC et de ses partenaires internationaux pour tenter de contenir l’épidémie et empêcher qu’elle ne prenne une dimension régionale ou internationale. Dans un contexte où les déplacements de populations et les difficultés d’accès aux communautés affectées compliquent la réponse sanitaire, le message britannique est clair : agir rapidement est essentiel pour sauver des vies et empêcher une aggravation de la crise », souligne le communiqué du gouvernement britannique.

Plus de 3 000 personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie d’Ebola provoquée par le virus Bundibugyo, selon le dernier bilan du ministère congolais de la Santé consulté mercredi par ACTUALITE.CD. Au 31 août, le pays avait enregistré 6 186 cas confirmés, dont 3 007 décès et 1 409 guérisons, soit un taux de létalité de 48,6 %, indique le rapport de situation publié par l’Institut national de santé publique (INSP).

Si l’Ouganda est parvenu à maîtriser l’épidémie d’Ebola, la situation demeure préoccupante en République démocratique du Congo. La progression de la maladie, la défiance d’une partie de la population, les insuffisances des infrastructures sanitaires et l’insécurité compliquent considérablement la riposte.

Malgré ces défis, le gouvernement congolais se veut rassurant et affiche son optimisme quant à sa capacité à contenir l’épidémie. Les autorités entendent notamment s’appuyer sur l’expérience acquise lors des 16 précédentes épidémies d’Ebola enregistrées dans le pays, ainsi que sur les mécanismes de surveillance et de riposte développés au fil des années.

Le gouvernement assure ainsi poursuivre et renforcer les efforts engagés, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, afin de freiner la propagation de la maladie, de protéger les populations à risque et de garantir une prise en charge rapide et efficace des personnes affectées

Clément MUAMBA