La zone de santé de Kayna, au sud du territoire de Lubero, a enregistré son premier cas de maladie à virus Ebola ce jeudi 3 septembre 2026, portant à six sur sept le nombre de zones de santé touchées dans ce territoire, selon des sources sanitaires locales. Cette zone est actuellement sous occupation par la rébellion de l’AFC/M23.
D’après une source sanitaire jointe dans la zone par ACTUALITÉ.CD, le cas enregistré est un homme âgé de 21 ans, en provenance de Butembo. Il a été identifié comme cas suspect au point de contrôle sanitaire d’Itsu avant d’être transféré au site de quarantaine de Kirumba. Les analyses ont ensuite confirmé son infection. La prise en charge du patient, ainsi que la surveillance communautaire et le suivi des contacts, ont été renforcés.
Cette évolution intervient alors que la situation épidémiologique s’aggrave dans la zone de santé de Lubero. Deux nouveaux cas confirmés de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, ont été notifiés à l’hôpital général de référence de Lubero les lundi 31 août et mardi 1er septembre 2026. Les deux patients sont décédés.
Ce qui porte à quatre le nombre de cas confirmés et à quatre le nombre de décès enregistrés dans la zone de santé de Lubero depuis le 2 août 2026, soit un taux de létalité de 100 % à ce stade dans cette zone.
La progression de la maladie reste préoccupante à l’échelle du territoire. Sur les sept zones de santé que compte le territoire de Lubero, six sont désormais touchées par cette 17e épidémie. Seule la zone de santé d’Alimbongo reste épargnée à ce jour.
Au 1er septembre, la zone de santé la plus affectée reste Musienene, avec 86 cas confirmés, dont 51 décès et 8 guérisons. Quatre nouveaux cas et un décès y ont été notifiés le 31 août. Vient ensuite Masereka, avec 8 cas confirmés, dont un décès et quatre guéris. La zone de santé de Lubero totalise quatre cas confirmés et quatre décès. Biena a enregistré un cas confirmé, décédé, tandis que Manguredjipa compte un cas confirmé, actuellement en cours de prise en charge.
Au-delà des chiffres, les conditions d’arrivée des malades inquiètent particulièrement. Selon une source médicale locale, les deux nouveaux cas enregistrés à Lubero étant arrivés à l’hôpital à un stade très avancé de la maladie, avec un retard considérable.
Les autorités sanitaires lancent un appel à la population à alerter dès l’apparition des premiers signes, notamment la fièvre brutale, la fatigue intense, les maux de tête, les vomissements, la diarrhée et les saignements inexpliqués. Elles recommandent également d’éviter tout contact avec les fluides corporels des malades ou des personnes décédées.
Sur le terrain, les équipes de riposte organisées localement travaillent dans des conditions difficiles. Elles font face à un manque de moyens, notamment une insuffisance d’équipements de protection individuelle (EPI), de moyens logistiques, de thermo-flashs, de sacs mortuaires et d’intrants nécessaires à la prise en charge des malades et au suivi des contacts.
Au 1er septembre, la République démocratique du Congo avait enregistré 6.250 cas confirmés, dont 3.039 décès et 1.439 guérisons, soit un taux de létalité de 48,6%, indique le rapport de situation publié par l’Institut national de santé publique (INSP).
Josué Mutanava, à Goma