Une équipe de civils qui se rendait à Biamu, dans le groupement Babila-Teturi, territoire de Mambasa, pour inhumer des victimes d’attaques précédentes, est tombée vendredi dans une embuscade attribuée aux combattants ADF, selon un acteur de la société civile locale. Cette attaque serait intervenue alors qu’au moins huit corps se trouvaient encore sur les lieux.
D’après cette source, les civils s’étaient rendus dans la localité pour procéder à l’inhumation de leurs proches lorsque leur groupe a été attaqué. Le nombre exact de victimes de cette nouvelle embuscade n’a pas été précisé.
« L'équipe voulait aller enterrer les siens à Biamu, où huit corps se trouvaient encore sur le sol. Elle est tombée dans une embuscade et des personnes sont mortes. Cela montre que la menace reste présente et que la zone demeure dangereuse », témoigne cet acteur de la société civile.
Cette nouvelle attaque met en évidence les difficultés rencontrées par les familles pour récupérer et inhumer les victimes des violences dans certaines zones de la chefferie de Babila-Babombi.
Au-delà des pertes humaines, les attaques répétées et les déplacements de populations provoquent également une situation sociale préoccupante, selon les forces vives locales.
Elles font notamment état de plusieurs enfants ayant perdu leurs parents ou ayant été séparés de leurs familles, sans bénéficier, pour certains, d'une assistance psychosociale ou d'un accompagnement leur permettant de poursuivre leur scolarité à l’occasion de la rentrée 2026-2027.
« Il y a des déplacés et plusieurs orphelins qui nécessitent une assistance et un accompagnement psychosocial. Certains enfants ne sont même pas inscrits à l’école. Le gouvernement et les organisations humanitaires doivent s’impliquer pour éviter qu’ils soient davantage abandonnés », alerte la même source.
La société civile appelle les autorités militaires à renforcer la sécurisation de la zone afin de permettre la récupération et l’inhumation digne des victimes. Elle réclame également une enquête indépendante sur les attaques répétées signalées dans cette partie du territoire de Mambasa afin d’en établir les responsabilités.
Freddy Upar, à Bunia