Un éventuel report des élections en République démocratique du Congo ne serait pas dicté par des contraintes budgétaires, mais par l'évolution du conflit dans l'Est du pays. C'est ce qu'a affirmé mercredi l'ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi, invité du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala.
Interrogé sur les risques pesant sur la tenue des scrutins dans les délais constitutionnels en 2028, Nicolas Kazadi a d'emblée écarté l'hypothèse d'un blocage financier. « Si il devait y avoir un report, ce ne serait vraisemblablement pas pour des raisons économiques ou financières », a-t-il affirmé, assurant que le budget de l'État « tient encore jusqu'à présent ».
Pour l'ancien argentier national, la véritable menace est ailleurs : « C'est le seul chose à craindre, c'est que le développement du conflit, et avec tout ce qu'il comporte comme risque, rende difficile la tenue de ces élections dans les délais. »
Nicolas Kazadi a ainsi plaidé pour une accélération de la mise en œuvre des accords signés par Kinshasa avec Washington et Kigali dans le cadre du processus de paix engagé ces derniers mois entre la RDC et le Rwanda. « C'est là qu'est le problème », a-t-il insisté, désignant implicitement le rythme d'exécution de ces engagements, et non les caisses de l'État, comme le principal obstacle au respect du calendrier électoral.
Cette sortie intervient alors que le pays reste sous la pression d'un conflit dans l'Est, où l'AFC/M23 continue de peser sur la sécurité de plusieurs territoires du Nord et du Sud-Kivu, en dépit des accords diplomatiques successifs signés à Washington et à Doha.
Sur le volet strictement budgétaire, Nicolas Kazadi s'est montré rassurant. « Pour ce qui est des finances publiques, je pense que nous avons suffisamment de marge pour dégager les moyens qu'il faut pour faire les élections », a-t-il déclaré, réitérant que la contrainte n'est pas financière mais logistique et calendaire : « Encore faut-il qu'on ait le temps de refaire la tenue [du fichier électoral], de suivre tout le processus. Donc c'est plutôt le calendrier qui pose problème, puisque les moyens [sont là]. »