You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Diaporama
Slide 1 selected
Catégorie

Ebola: « Plus on tarde, plus le coût en vies humaines et en ressources est élevé » l’OMS alerte sur une épidémie « extrêmement complexe » et appelle à accélérer les financements

Le DG de l'OMS / Droits tiers

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a atteint une ampleur préoccupante. Selon le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, elle est désormais « la deuxième plus importante jamais enregistrée » et « la plus rapide que nous ayons jamais vue », seulement un peu plus de cent jours après sa déclaration officielle en République Démocratique du Congo

Lors d’une réunion d’information virtuelle avec les États membres, mardi 1er septembre 2026, consacrée à la situation de l’épidémie d’Ebola en RDC et présentée notamment par Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, le chef de l’OMS a fait le point sur l’évolution de la crise et les défis auxquels fait face la riposte.

« L’épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo est déjà la deuxième plus importante jamais enregistrée, et la plus rapide que nous ayons jamais vue. Aujourd'hui, nous avons franchi la barre des 6 000 cas déclarés et déplorons près de 3 000 décès », a déclaré le Directeur général de l’OMS.

Bien qu’ayant déjà touché six provinces de la RDC, l’épidémie continue de s’étendre dans les zones de santé de ces provinces. Selon le patron de l’OMS, cette situation met une nouvelle fois en évidence la complexité de cette épidémie mortelle, qui constitue la 17e épidémie d’Ebola enregistrée dans l’histoire de la RDC.

« L’épidémie touche désormais 60 zones sanitaires réparties dans six provinces, ce qui en fait une situation d'urgence extrêmement complexe impliquant des partenaires de l'ensemble du système des Nations Unies et au-delà », a-t-il ajouté.

Au-delà des chiffres qui ne cessent de progresser, l’une des principales préoccupations de l’OMS concerne la persistance des décès au sein des communautés, en dehors des structures de soins. Cette situation constitue un obstacle majeur pour les équipes de riposte, car elle laisse penser que certaines chaînes de transmission ne sont toujours pas identifiées.

« Tom Fletcher et moi avons informé hier nos États membres de notre principale préoccupation : la plupart des décès surviennent encore au sein des communautés plutôt que dans les centres de soins et parmi des personnes qui n’étaient pas des contacts connus. Cela signifie qu’il existe encore des chaînes de transmission que nous ignorons », a-t-il averti dans son intervention.

Pour l’OMS, l’identification rapide des cas, le suivi des contacts et la prise en charge des personnes infectées restent essentiels pour interrompre la propagation du virus. Malgré l’ampleur de la situation, le Directeur général de l’OMS s’est voulu déterminé quant à l’issue de la riposte.

« Tous les aspects de la riposte ont été renforcés et continueront d'être étendus. Nous mettrons fin à cette épidémie. La question est de savoir à quelle vitesse, et combien de vies seront perdues avant que nous le fassions » a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Pour le patron de l’OMS, la question est désormais de savoir à quelle vitesse la réponse pourra être renforcée afin de limiter le coût humain de cette épidémie. Face à l’ampleur des besoins, les autorités congolaises ont élaboré un plan d’intervention couvrant les six prochains mois. Celui-ci nécessite 1,3 milliard de dollars de financement.

Le Directeur général de l’OMS a ainsi appelé les États membres à renforcer et à accélérer leur soutien financier à la réponse contre l’épidémie.

« Plus on tarde, plus le coût en vies humaines et en ressources est élevé. Le plan gouvernemental pour les six prochains mois nécessite 1,3 milliard de dollars. Nous demandons à tous les États membres d'accroître et d'accélérer leurs contributions » a plaidé le Directeur général de l’OMS 

Plus de 3 000 personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie d’Ebola provoquée par le virus Bundibugyo, selon le dernier bilan du ministère congolais de la Santé consulté mercredi par ACTUALITE.CD. Au 31 août, le pays avait enregistré 6 186 cas confirmés, dont 3 007 décès et 1 409 guérisons, soit un taux de létalité de 48,6 %, indique le rapport de situation publié par l’Institut national de santé publique (INSP).

Si l’Ouganda est parvenu à maîtriser l’épidémie d’Ebola, la situation demeure préoccupante en République démocratique du Congo. La progression de la maladie, la défiance d’une partie de la population, les insuffisances des infrastructures sanitaires et l’insécurité compliquent considérablement la riposte.

Malgré ces défis, le gouvernement congolais se veut rassurant et affiche son optimisme quant à sa capacité à contenir l’épidémie. Les autorités entendent notamment s’appuyer sur l’expérience acquise lors des 16 précédentes épidémies d’Ebola enregistrées dans le pays, ainsi que sur les mécanismes de surveillance et de riposte développés au fil des années.

Le gouvernement assure ainsi poursuivre et renforcer les efforts engagés, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, afin de freiner la propagation de la maladie, de protéger les populations à risque et de garantir une prise en charge rapide et efficace des personnes affectées

Clément MUAMBA


Dernières nouvelles

Soundcloud