À trois mois de l’expiration du mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), tel qu’adopté par le Conseil de sécurité des Nations unies à travers la résolution 2808 (2025), qui l’a renouvelé pour une année (NDLR : décembre 2026), le Conseil de sécurité s’apprête à passer en revue la mise en œuvre de cette résolution en RDC. La question sera abordée au cours de ce mois de septembre, sous la présidence de la France au Conseil de sécurité des Nations unies, à New York.
« Nous aurons également une réunion trimestrielle sur la MONUSCO en République démocratique du Congo. Ce sera l’occasion de veiller au bon déroulement du mandat de la MONUSCO » a révélé, mardi 1er septembre, Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès de l’ONU.
Bien avant cet exercice, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo a indiqué, ce mercredi 2 septembre 2026, sur son compte X, qu’au cours de la semaine, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la MONUSCO, James Swan, s’était rendu au Burundi, en Ouganda et au Rwanda, accompagné de l’Envoyé spécial des Nations unies pour la région des Grands Lacs, Huang Xia, ainsi que de son équipe.
Selon la mission de l’ONU, cette visite conjointe a mis en lumière l’interdépendance des enjeux régionaux liés aux conflits en cours et la nécessité d’une action urgente « pour les résoudre dans l’intérêt des populations concernées ». M. Swan a informé les hauts responsables rencontrés à chaque étape sur le mandat de la MONUSCO en vertu de la résolution 2808 du Conseil de sécurité, notamment en ce qui concerne l’assistance aux processus de paix, prévue à travers un soutien technique et logistique au Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+).
La MONUSCO souligne que, sous l’égide de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et du processus de Doha, ainsi que du processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) pour les FDLR dans le cadre du processus de Washington, le chef de la MONUSCO a insisté sur l’importance du leadership africain dans les efforts de paix. Il a également réaffirmé le soutien de l’ONU à la médiation menée par l’Union africaine dans la région des Grands Lacs.
Ces différentes activités interviennent dans un contexte où le processus de paix de Doha, sous l’égide de l’État du Qatar et consacré à la gestion de la crise entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), venait de franchir une nouvelle étape, lundi 24 août 2026, dans son volet relatif à la mise en œuvre des engagements communs convenus dans le cadre de ce processus. Il s’agissait de la première mission de vérification du cessez-le-feu à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, dans le cadre du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+).
Le déploiement de cette mission à cette date faisait suite aux engagements convenus à l’issue de la retraite d’évaluation tenue du 17 au 21 août en Suisse entre les représentants de Kinshasa et ceux de l’AFC/M23. Selon le communiqué final rendu public à l’issue de cette rencontre, les deux parties ont notamment évalué l’état de mise en œuvre de l’accord-cadre signé à Doha et adopté une feuille de route pour la poursuite des négociations sur les différents protocoles restants, en vue de parvenir à la signature d’un accord de paix censé rétablir la paix et l’autorité de l’État dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
La mission de vérification du cessez-le-feu à Minembwe était perçue comme le premier test concret sur le terrain des nouveaux engagements pris au terme de ce nouveau round de discussions menées en Suisse dans le cadre du processus de Doha. Selon la source citée, elle intervenait également après une mission de reconnaissance effectuée le 20 août avec l’appui logistique de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), destinée à préparer cette opération de vérification.
S’agissant des accords de Washington, les engagements pris par les deux parties n’ont pas été pleinement respectés, avait constaté Massad Fares Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires africaines, lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies tenue à New York au mois de juin 2026, au cours de laquelle il avait dressé le bilan de l’accord de Washington conclu un an plus tôt entre la RDC et le Rwanda. Kinshasa est notamment accusé de ne pas avoir suffisamment progressé dans la neutralisation des FDLR dans les zones concernées, tandis que Kigali est pointé du doigt pour le maintien de ses forces sur le territoire congolais et son soutien au mouvement rebelle AFC/M23.
Après ces interpellations américaines, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont voulu renforcer les mécanismes de suivi et de vérification de la mise en œuvre des accords de Washington sur le terrain. Les deux pays ont convenu de faire progresser deux initiatives destinées à améliorer ce dispositif, à l’issue de la sixième réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS), tenue les 12 et 13 août 2026 à la Mission américaine à Genève, en Suisse.
Au cœur des discussions figurait la volonté de Kinshasa et de Kigali d’améliorer le suivi de l’application concrète de leurs engagements sécuritaires. Les deux parties ont ainsi convenu de faire progresser deux initiatives visant à renforcer le suivi et la vérification de la mise en œuvre des accords de Washington sur le terrain. D’après le communiqué final, la RDC et le Rwanda ont convenu de faire progresser ces deux initiatives visant à renforcer le suivi et la vérification de la mise en œuvre des accords de Washington sur le terrain. Selon le même document, les parties ont demandé aux États-Unis d’examiner ces deux initiatives et de faire part de leurs observations lors de la prochaine réunion conjointe du Comité de surveillance et de coordination (JSCM).
Dans la même dynamique, Kinshasa et Kigali ont convenu de tenir, en octobre 2026, une conférence de planification trilatérale. Cette rencontre doit déboucher sur l’élaboration d’un ordre d’opérations révisé, destiné à encadrer les efforts coordonnés des différentes parties dans la mise en œuvre des engagements sécuritaires. Selon le même communiqué, l’objectif est de parvenir à un cadre opérationnel plus clair, permettant notamment de renforcer la coordination entre les acteurs concernés et d’améliorer la compréhension commune des opérations liées à l’application des accords de Washington.
À l’issue de cette réunion, les parties avaient également convenu de se réunir à nouveau pour la prochaine réunion conjointe du Comité de surveillance et de coordination (JSCM), prévue les 16 et 17 septembre 2026 à Genève, en Suisse.
Conformément à la résolution 2808 (2025), qui prolonge le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) jusqu’au 20 décembre 2026, la Mission est autorisée à appuyer la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent ainsi que du mécanisme de vérification convenu entre les parties à Doha, notamment en apportant un soutien logistique et technique
Clément MUAMBA