Plus de cent jours après la déclaration officielle de la 17e épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), la situation reste préoccupante et continue d’évoluer de manière inquiétante, au regard du nombre élevé de cas confirmés et de décès enregistrés.
Le Directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Dr Jean Kaseya, a alerté sur l’évolution rapide de la situation, soulignant notamment l’ampleur géographique désormais atteinte par l’épidémie. Lors de sa déclaration, le 15 mai, seuls deux zones de santé et une province, l’Ituri, dans l’est de la RDC, étaient touchés.
Selon le DG d’Africa CDC, la situation s’est considérablement aggravée depuis le début de l’épidémie. Il a notamment mis en évidence l’étendue du territoire désormais affecté, qu’il compare à la superficie du Royaume-Uni et à près de cinq fois celle de la Suisse.
« L’épidémie d’Ebola en RDC reste extrêmement grave et continue de progresser. Lorsqu’elle a été déclarée le 15 mai, elle touchait 1 province et 2 zones de santé. Au 1er septembre, elle s’étend désormais à 6 provinces et 60 zones de santé, sur une superficie d’environ 240 000 km², comparable à celle du Royaume-Uni et près de cinq fois celle de la Suisse », a écrit le Dr Jean Kaseya, Directeur général d’Africa CDC mercredi 2 septembre sur X.
L’extension géographique de l’épidémie s’accompagne d’un lourd bilan humain. Malgré les efforts engagés par le gouvernement congolais et les organisations partenaires, Africa CDC estime que la riposte doit encore être renforcée.
« Nous avons désormais enregistré 6 206 cas confirmés et 3 009 décès. Malgré les efforts considérables du Gouvernement et des partenaires, nous ne sommes pas encore là où nous devons être », a-t-il fait remarquer.
Dr Jean Kaseya a réaffirmé que la lutte contre cette épidémie demeure au cœur des priorités de l’organisation panafricaine. Alors que l’épidémie continue de progresser sur le terrain, il a assuré que la mobilisation se poursuivrait jusqu’à la maîtrise de la situation.
« Cette épidémie demeure la priorité absolue d’Africa CDC. Nous travaillons en étroite collaboration avec l’OMS et les autres partenaires pour soutenir le Gouvernement de la RDC et renforcer tous les volets de la riposte. Nous ne relâcherons aucun effort jusqu’à ce que cette épidémie soit maîtrisée », a rassuré le Dr Jean Kaseya.
Plus de 3 000 personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie d’Ebola provoquée par le virus Bundibugyo, selon le dernier bilan du ministère congolais de la Santé consulté mercredi par ACTUALITE.CD. Au 31 août, le pays avait enregistré 6 186 cas confirmés, dont 3 007 décès et 1 409 guérisons, soit un taux de létalité de 48,6 %, indique le rapport de situation publié par l’Institut national de santé publique (INSP).
Si l’Ouganda est parvenu à maîtriser l’épidémie d’Ebola, la situation demeure préoccupante en République démocratique du Congo. La progression de la maladie, la défiance d’une partie de la population, les insuffisances des infrastructures sanitaires et l’insécurité compliquent considérablement la riposte.
Malgré ces défis, le gouvernement congolais se veut rassurant et affiche son optimisme quant à sa capacité à contenir l’épidémie. Les autorités entendent notamment s’appuyer sur l’expérience acquise lors des 16 précédentes épidémies d’Ebola enregistrées dans le pays, ainsi que sur les mécanismes de surveillance et de riposte développés au fil des années.
Le gouvernement assure ainsi poursuivre et renforcer les efforts engagés, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, afin de freiner la propagation de la maladie, de protéger les populations à risque et de garantir une prise en charge rapide et efficace des personnes affectées
Clément MUAMBA