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Kwango : sans eau, électricité ni morgue, avec 65 % d’agents non payés, l’hôpital général de Popokabaka en difficulté

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L’hôpital général de Popokabaka, dans la province du Kwango, fait face à d’importantes difficultés qui affectent son fonctionnement et la prise en charge des patients. Malgré des infrastructures relativement importantes, avec six grands bâtiments qui abritent les différents services, l’établissement reste confronté à un manque criant de moyens.

Première difficulté : l’accès à l’eau potable. L’hôpital n’a pas accès à l’eau potable et doit compter sur ses puits qu’il approvisionne pendant la saison des pluies.

À cette situation s’ajoute l’absence d’électricité. L’établissement ne dispose pas d’une alimentation électrique suffisante pour assurer normalement le fonctionnement de ses différents services. Une situation qui complique davantage la prise en charge des patients et le travail du personnel soignant.

Le plateau technique, quant à lui, demeure également très limité. L’hôpital assure essentiellement les soins généraux. Pour les cas nécessitant une prise en charge spécialisée, notamment la néonatalogie, la psychiatrie, les maladies cardiovasculaires, etc., les patients sont référés à Kinshasa, faute de services et d’équipements adaptés.

Pour les nouveau-nés prématurés, l’établissement ne dispose que d’une seule couveuse. Une équipe composée d’un médecin et d’une sage-femme séjourne à Kinshasa pour une formation à ce propos.

L’accès aux soins est aussi compliqué pour les populations des villages environnants. L’unique ambulance de l’hôpital est en panne depuis longtemps, rendant difficiles les évacuations des patients vers d’autres structures en cas d’urgence.

" Nous avons des structures qui sont à plus de 160 km. Pour évacuer un malade qui est là pour arriver ici, l’état de la route pose problème, l’ambulance n’est pas en bon état, c’est en panne et ça nous crée des difficultés ", indique le médecin directeur, Dr Héritier Mangata.

À ces difficultés matérielles s’ajoute la situation préoccupante du personnel. La majorité des agents travaillent comme bénévoles. Sur les 120 agents que compte l’hôpital, au moins 65 % ne sont pas pris en charge par l’État. Les recettes locales constituent la seule source de leur rémunération. À la fin du mois, certains agents peuvent ne percevoir qu’environ 10 000 francs congolais, selon les recettes réalisées par l’établissement.

" On ne vit que des recettes générées par l’hôpital. Vous verrez, à la fin du mois, un parent qui gagne 10 000 FC, 15 000 FC, ça ne représente rien, mais il est censé venir tous les jours au travail", déplore le responsable de l’hôpital.

L’hôpital général de Popokabaka ne dispose pas non plus de morgue. Les corps des personnes décédées sont directement remis aux familles et renvoyés dans la communauté pour être inhumés dans un bref délai.

Jonathan Mesa