Alors que la riposte contre la maladie à virus Ebola se poursuit en Ituri, l’Église catholique entend renforcer sa contribution à la sensibilisation des communautés. Mgr Dieudonné Uringi, évêque du diocèse de Bunia, appelle les prêtres à jouer un rôle actif dans la lutte contre les rumeurs et la désinformation autour de l’épidémie.
Cet appel a été lancé lors d’un atelier de formation consacré au rôle des leaders religieux dans la communication des risques et l’engagement communautaire dans le cadre de la réponse à la maladie à virus Ebola. L’activité s’inscrit dans le cadre du projet de prévention et de lutte contre la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, financé par Catholic Relief Services (CRS).
Pour le prélat, la proximité des prêtres avec les communautés constitue un atout important dans la prévention et la sensibilisation face à l’épidémie. Curés, responsables des secteurs d’animation pastorale et vicaire sont quotidiennement en contact avec les fidèles et disposent ainsi d’un accès direct aux familles.
« Chers prêtres, vous êtes ici parce que vous êtes des acteurs essentiels de cette réponse. En tant que curés, responsables des secteurs d’animation pastorale et vicaire, vous êtes au contact direct des communautés », a déclaré l’évêque de Bunia.
Cette proximité doit, selon lui, être davantage mise à profit dans la réponse à Ebola. Les paroisses sont notamment appelées à devenir des espaces de prévention, de sensibilisation, d’écoute et de solidarité.
« Vous êtes donc particulièrement bien placés pour faire de chaque paroisse et de chaque communauté chrétienne un espace de prévention, de sensibilisation, d’écoute et de solidarité », a insisté l’évêque.
La lutte contre les rumeurs et la désinformation figure parmi les principaux enjeux soulevés par l’évêque. Dans un contexte épidémique, la circulation d’informations erronées peut affecter la compréhension des messages de santé publique et compliquer l’adhésion des populations aux mesures de prévention.
Mgr Uringi a ainsi invité les prêtres à réfléchir aux moyens de « lutter efficacement contre les rumeurs et la désinformation », tout en renforçant la collaboration entre les prêtres, les agents pastoraux et les équipes sanitaires.
L’objectif de la formation est notamment de permettre aux responsables religieux d’être suffisamment outillés avant de renforcer les capacités des agents pastoraux appelés à intervenir directement auprès des communautés.
« Je souhaite particulièrement que nous puissions être bien outillés avant d’aller renforcer nos agents pastoraux », a expliqué l’évêque.
Ces agents devront ensuite jouer le rôle de relais communautaires, notamment dans la diffusion d’informations fiables et l’accompagnement des familles.
« Quant à eux, ils deviendront de véritables relais communautaires, capables d’accompagner les familles, de transmettre des informations fiables, de contribuer à la lutte contre l’infodémie et de favoriser l’acceptation des mesures sanitaires », a-t-il ajouté.
La contribution de l’Église ne devrait pas se limiter à la sensibilisation sur les mesures de prévention. Mgr Dieudonné Uringi a également insisté sur l’accompagnement des familles touchées par la maladie ou par un deuil, ainsi que sur l’acceptation communautaire des enterrements dignes et sécurisés.
L’évêque reconnaît la dimension culturelle et traditionnelle attachée aux pratiques funéraires, tout en rappelant la nécessité de protéger les personnes encore en vie.
« Les pratiques autour de nos défunts sont un soutien, un signe de nos traditions. Elles sont une nécessité pour protéger les vivants et empêcher que d’autres familles soient à leur tour en deuil », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, les prêtres sont appelés à jouer un rôle de dialogue et d’accompagnement auprès des familles afin de favoriser une meilleure compréhension des mesures sanitaires, tout en tenant compte de la dimension humaine et spirituelle du deuil.
Pour Mgr Uringi, l’atelier ne devait pas être considéré comme une simple activité de formation. Il devrait plutôt permettre aux responsables religieux de réfléchir à la manière dont l’Église peut renforcer concrètement son action face à l’épidémie.
« Je vous invite à ne pas considérer cet atelier comme une simple activité de formation. Au contraire, je souhaite qu’il soit pour tous un véritable moment de réflexion pastorale et stratégique", a-t-il recommandé.
Plusieurs questions ont ainsi été soumises à la réflexion des participants : comment mieux mobiliser les paroisses dans la lutte contre Ebola, comment renforcer la collaboration entre les acteurs pastoraux et sanitaires, comment accompagner les familles touchées et comment faire des communautés chrétiennes des espaces favorisant des comportements protecteurs.
L’ambition affichée par l’évêque est de dégager une stratégie pastorale « claire, réaliste et efficace » permettant à l’Église de renforcer sa contribution à la riposte.
En ouvrant officiellement l’atelier, Mgr Dieudonné Uringi a enfin appelé les prêtres à travailler avec sérieux, ouverture et esprit de collaboration, afin que chacun puisse repartir avec des engagements concrets et réalisables dans sa paroisse ou son secteur pastoral.
À travers cette mobilisation, le diocèse de Bunia entend mettre à profit son réseau paroissial et ses acteurs pastoraux pour renforcer la confiance, diffuser des informations fiables et favoriser l’engagement des communautés dans la lutte contre Ebola.
Freddy Upar, à Bunia