Le président de la République d’Angola, João Manuel Gonçalves Lourenço effectue, ce mercredi 26 août 2026 une visite de travail à Kinshasa. Cette mission, qualifiée de « courte » par la Présidencr d’Angola, sera principalement consacrée à la participation du Chef de l’État angolais à une cérémonie de signature d’un contrat engageant la République démocratique du Congo dans le développement du Corridor de Lobito, un projet stratégique pour l’intégration économique et le désenclavement des régions minières d’Afrique australe.
Selon la source citée, João Lourenço assistera ainsi, aux côtés de son homologue congolais, Félix Tshisekedi, à cette nouvelle étape du processus de développement de cet important axe de transport et de commerce. Cette cérémonie s’inscrit dans la dynamique engagée depuis plusieurs années par l’Angola, la République démocratique du Congo et la Zambie autour du Corridor de Lobito. C’est dans ce cadre que, le 4 juillet 2023, à Lobito, les Présidents João Lourenço, Félix Tshisekedi et Hakainde Hichilema avaient présidé la signature d’un accord visant à faciliter le transport des minerais de la RDC et de la Zambie vers les marchés extérieurs à travers le corridor ferroviaire angolais.
À cette occasion, les trois pays avaient convenu d’utiliser de manière optimale le corridor ferroviaire de Lobito, qui relie les régions minières du Grand Katanga, en RDC, et du Copperbelt, en Zambie, au port angolais de Lobito, sur l’océan Atlantique. En marge de la cérémonie, une rencontre bilatérale est également prévue entre les présidents João Lourenço et Félix Tshisekedi. Les deux Chefs d’État auront l’occasion d’examiner les principaux dossiers d’intérêt commun ainsi que les perspectives de renforcement de la coopération entre l’Angola et la République démocratique du Congo.
Cette activité intervient après une série de décisions prises par le gouvernement de la République démocratique du Congo visant à faire avancer la mise en œuvre de ce projet stratégique. D’abord, le gouvernement de la République démocratique du Congo poursuit ses efforts pour concrétiser le projet stratégique du Corridor de Lobito. Lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, il a approuvé un partenariat public-privé (PPP) avec Mota-Engil S.A. pour la réhabilitation de la ligne ferroviaire reliant Dilolo, Kolwezi, Lubumbashi et Sakania.
À travers ce projet, l’Exécutif congolais entend moderniser les infrastructures de transport, fluidifier les échanges commerciaux et renforcer la compétitivité du secteur minier, principal moteur de l’économie nationale. La réhabilitation de cette ligne ferroviaire est également perçue comme un levier essentiel pour améliorer l’évacuation des minerais vers les marchés internationaux via le port de Lobito, en Angola.
Par la suite, le gouvernement de la République démocratique du Congo avait également adopté un projet de convention de collaboration avec Mota-Engil Africa, portant sur le financement, la réhabilitation, la modernisation, l’exploitation, la maintenance et le transfert de la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania, longue de 1 004,5 kilomètres.
Présenté lors de la 95ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 31 juillet 2026 à Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami, sous la direction du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, par le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo, ce projet vise à encadrer la coopération entre l’État congolais et l’entreprise Mota-Engil Africa pour la modernisation de ce corridor ferroviaire stratégique.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, le texte adopté « encadre les modalités de coopération entre l’État congolais et Mota-Engil Africa pour le financement du projet, la réhabilitation des infrastructures existantes, la modernisation du corridor ferroviaire, l’exploitation commerciale, la maintenance durant toute la période contractuelle, ainsi que le transfert des infrastructures à l’État au terme de la concession ».
Le coût global de ce projet est estimé à 1,258 milliard de dollars américains. Sa mise en œuvre, souligne le Gouvernement de la République démocratique du Congo, devrait permettre d’augmenter progressivement la capacité de transport ferroviaire jusqu’à 13,7 millions de tonnes par an, tout en renforçant la compétitivité du Corridor de Lobito, un axe considéré comme stratégique pour l’intégration économique régionale.
Ces deux mesures phares du Gouvernement congolais interviennent dans le prolongement des engagements pris en marge de l’officialisation de l’Accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.Un tournant majeur avait été franchi le 4 décembre 2025 dans les relations bilatérales entre Kinshasa et Washington. Sous la conduite du Président Félix-Antoine Tshisekedi, la RDC, représentée par le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, ainsi que par la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait signé une série d’accords structurants avec les États-Unis, dont un accord économique stratégique et un mémorandum d’entente sécuritaire, consacrant un approfondissement sans précédent du partenariat entre les deux nations.
Signé dans un contexte mondial marqué par la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, l’accord stratégique RDC–États-Unis instaure un partenariat à long terme reposant sur trois piliers majeurs. Le premier concerne la sécurité des minerais stratégiques et la création d’une réserve d’actifs stratégiques, la Strategic Asset Reserve (SAR). L’accord prévoit un cadre transparent pour la gestion des ressources minières du pays et offre aux investisseurs américains un droit de premier regard sur les projets intégrés à cette réserve. Il garantit également aux États-Unis un accès sécurisé à des minerais essentiels tels que le cobalt, le cuivre et le germanium.
Par ailleurs, la mise en place d’une Strategic Minerals Reserve (SMR) vise à stabiliser les marchés, à encourager la transformation locale des minerais et à contribuer au développement économique durable de la République démocratique du Congo. Les États-Unis s’engagent également à soutenir la modernisation du corridor Sakania-Lobito, le développement du Grand Inga, l’industrialisation des zones minières ainsi que la création de nouveaux corridors d’exportation.
L’accord entre Washington et Kinshasa prévoit, en outre, une réforme approfondie du cadre fiscal et administratif afin de sécuriser les investissements, la mise en place d’un guichet unique pour les opérateurs économiques, la lutte contre l’exploitation illicite des minerais ainsi que la formalisation du secteur minier artisanal.
Clément MUAMBA