Invité jeudi de l'émission animée par Stanis Bujakera Tshiamala, Azarias Ruberwa a répondu à une question de la journaliste Elysée Odia sur l'idée selon laquelle les guerres successives dans l'Est de la RDC depuis trente ans seraient l'œuvre d'une seule communauté, Banyamulenge, qualifiant ce raisonnement de faux et dangereux.
Il a d'abord cité l'exemple de Laurent-Désiré Kabila, initiateur de l'AFDL et devenu président de la République, rappelant qu'il n'appartenait pas à cette communauté et s'était pourtant illustré par son opposition constante à Mobutu, avant de mener sa rébellion jusqu'à Kinshasa avec le concours de multiples provinces et groupes armés.
Il a ensuite évoqué la composition du RCD, mouvement qu'il a lui-même dirigé, en citant plusieurs de ses cadres pour démontrer la diversité provinciale de ce mouvement : un responsable originaire du Kongo Central, Wamba dia Wamba, Lunda Bululu, ainsi que des figures comme Alexis Thambwe Mwamba, Lambert Mende Omalanga, négociateur des accords de Sun City, et Kin-Kiey Mulumba. Il a également cité Thomas Luhaka ou encore Delly Sesanga parmi les anciens membres de la rébellion.
Concernant le leadership actuel de l'AFC/M23, Ruberwa a précisé que Corneille Nangaa, coordonnateur politique du mouvement, est originaire du Haut-Uélé, illustrant selon lui que les mouvements armés qu'a connus la RDC n'ont jamais été l'apanage d'une seule communauté, mais ont mobilisé des cadres et des combattants issus de multiples provinces du pays.
Il a mis en garde contre les discours consistant à désigner une seule communauté comme responsable de ces guerres, estimant qu'un tel raisonnement conduit inéluctablement à des propos de haine et de déshumanisation, rappelant qu'il n'existe, selon lui, aucune province congolaise qui n'ait jamais été représentée au sein de ces différents mouvements armés.