You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Diaporama
Slide 1 selected
Catégorie

Ebola : « les communautés ne sont pas seulement un élément de la réponse apportée, elles en sont le cœur », selon l’OMS, 100 jours après la déclaration de l’épidémie

Le CTE de Beni

Cent jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), l’ampleur de la crise continue de susciter de vives inquiétudes. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, appelle à intensifier les efforts pour contenir la propagation du virus, tout en plaçant les communautés affectées au cœur de la riposte.

Dans un message publié à l’occasion de ce 100e jour, le patron de l’OMS souligne avoir constaté directement les difficultés auxquelles sont confrontées les populations touchées, mais aussi leur capacité à résister face à la crise. Selon lui, l’OMS demeure pleinement engagée aux côtés du gouvernement congolais, des autorités locales, des agents de santé, de l’Africa CDC et des autres partenaires afin de mettre un terme à l’épidémie.

« Le dimanche 22 août 2026 marquera le 100e jour depuis que l’épidémie d’Ebola a été déclarée dans l’Est de la RDC. Après avoir visité les communautés touchées, j’ai constaté les difficultés qu’elles rencontrent et l’extraordinaire résilience dont elles font preuve au quotidien. Les communautés ne sont pas seulement un élément de la réponse apportée ; elles en sont le cœur », affirme le Dr Tedros dans un message publié sur X, samedi 21 août 2026

Déclarée le 15 mai 2026 à Mungbwalu, dans le territoire de Djugu, en Ituri, l’épidémie est due au virus Ebola de l’espèce Bundibugyo. Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC depuis la découverte du virus dans le pays en 1976. En l’espace de quelques mois, le virus s’est propagé dans plusieurs zones de santé, précisément dans six provinces. La situation s’est également compliquée en raison de l’insécurité, des déplacements de populations et des difficultés d’accès à certaines communautés.

Le rythme de propagation inquiète particulièrement les autorités sanitaires, notamment en raison du nombre de décès, ce qui place l’épidémie sur une trajectoire susceptible d’en faire l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée.

Face à cette situation, le Dr Tedros appelle à une mobilisation accrue. Il identifie plusieurs priorités : renforcer la surveillance épidémiologique, améliorer l’accès aux soins, soutenir davantage les personnels engagés en première ligne et, surtout, restaurer la confiance des populations.

« L’OMS reste pleinement engagée à travailler avec le gouvernement de la RDC, les dirigeants locaux, les travailleurs de la santé, Africa CDC et tous les partenaires pour mettre fin à cette épidémie. Mais nous devons tous faire plus : renforcer la surveillance, élargir l’accès aux soins, soutenir les intervenants de première ligne et instaurer la confiance là où elle est le plus nécessaire », insiste-t-il dans son message. 

Cette question de la confiance est particulièrement importante dans la réponse à Ebola. Les difficultés rencontrées par les équipes de santé ne sont pas uniquement médicales : l’insécurité, les déplacements, les rumeurs et la méfiance peuvent compliquer l’identification des contacts et l’accès aux centres de traitement. Pour l’OMS, la réponse ne peut donc pas reposer uniquement sur les structures médicales. Elle doit également s’appuyer sur les familles, les chefs communautaires, les travailleurs de santé communautaire et les leaders locaux.

À l’occasion du cap des 100 jours, le Dr Tedros veut néanmoins maintenir un message d’engagement et d’espoir.

« Ensemble, nous pouvons stopper cette épidémie et renforcer la sécurité sanitaire afin que la santé et le bien-être de tous les habitants de la RDC soient protégés pour l’avenir », affirme-t-il dans son message. 

Cette situation intervient dans un contexte de forte propagation de l’épidémie en République démocratique du Congo. La maladie s’est étendue à plus de 50 zones de santé réparties dans six provinces, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Bas-Uélé. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère désormais cette flambée comme la plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée dans le pays.

La situation est d’autant plus préoccupante que la transmission reste active dans plusieurs foyers géographiques liés entre eux, alors que les mouvements de populations, l’insécurité et les difficultés d’accès aux soins compliquent davantage la riposte. À cela s’ajoutent également des doléances et des revendications liées à une meilleure prise en charge du personnel de santé impliqué dans la riposte contre la maladie à virus Ebola qui sévit actuellement en RDC.

Face à cette situation, le groupe technique de l’OMS chargé des vaccins candidats avait recommandé, le 7 août 2026, de privilégier le vaccin Ervebo dans le cadre d’une étude clinique de phase 3 en RDC. Cette orientation s’explique notamment par l’absence, à ce stade, d’un vaccin spécifique contre le virus Bundibugyo suffisamment avancé pour faire l’objet d’une évaluation clinique.

Le recours à Ervebo ne signifie donc pas que son efficacité contre le virus Bundibugyo est d’ores et déjà établie. L’objectif est plutôt de générer rapidement des données scientifiques dans le contexte particulier de cette urgence sanitaire, tout en s’appuyant sur un vaccin déjà autorisé et utilisé contre une autre espèce du virus Ebola.

Clément MUAMBA


Dernières nouvelles

Soundcloud