Plusieurs incidents violents, dont l’agression d’une équipe ayant fait plusieurs blessés et « un décès probable », ont visé les opérations de lutte contre l’épidémie d’Ebola dans l’est de la RDC selon un rapport consulté vendredi.
L’incident le plus grave signalé dans ce document s’est produit à Kasanga Tuha, dans l’aire de santé de Bunji, au Nord-Kivu. Une équipe chargée des enterrements dignes et sécurisés (EDS) y a été agressée, faisant « plusieurs blessés et un décès probable », précise le rapport de situation daté du 19 août.
Le document ne fournit aucune précision sur l’identité des victimes ni sur les circonstances de l’agression. Il indique que l’équipe s’était rendue sur place sans solliciter d’accompagnement sécuritaire.
Les enterrements dignes et sécurisés sont destinés à éviter la transmission du virus lors de la manipulation et de l’inhumation des corps de personnes décédées d’Ebola ou suspectées d’avoir contracté la maladie.
En Ituri, un véhicule utilisé par une équipe d’enterrement sécurisé a été caillassé et endommagé au village de Mungamba, dans la zone de santé de Komanda. L’équipe a ensuite été escortée par les Forces armées de la RDC (FARDC), selon le rapport.
Dans la zone de santé de Beni, au Nord-Kivu, des personnes ont tenté d’incendier les maisons de deux relais communautaires dans l’aire de santé de Mangothe. Le centre de santé de Ndindi a également été menacé d’incendie, avant une intervention ayant permis de rétablir l’ordre.
Outre ces violences, les autorités sanitaires font état de plusieurs refus entravant les opérations de la riposte.
À Bambu, dans l’aire de santé de Peti, deux enterrements sécurisés ont été refusés pour des motifs religieux. L’un de ces refus n’avait pas encore été résolu au moment de la rédaction du rapport.
Des résistances aux enterrements sécurisés ont également été signalées dans plusieurs zones de santé de l’Ituri, notamment à Aru, Rwampara, Nia-Nia, Tchomia et Mandima.
À Kasanga, dans la zone de santé de Beni, trois corps n’ont pas pu être prélevés en raison de résistances communautaires. Sur 49 alertes de décès enregistrées au Nord-Kivu, 46 corps ont été prélevés et 47 enterrements dignes et sécurisés ont été réalisés, selon le document.
Au Bas-Uélé, l’opposition de familles a empêché la décontamination de deux ménages. À l’hôpital général de référence de Likati, le corps d’une personne décédée et considérée comme suspecte n’a pu être ni prélevé ni enterré de manière sécurisée.
Ces incidents compliquent plusieurs opérations essentielles de la riposte, notamment les prélèvements sur les personnes décédées, la décontamination des lieux et l’organisation d’enterrements sécurisés.
Le bilan de sécurité demeure toutefois incomplet. L’Ituri, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Bas-Uélé n’avaient pas transmis de données de sécurité consolidées, précise le rapport.
Au 19 août, l’épidémie totalisait 5.290 cas confirmés et 2.516 décès en RDC. Les autorités sanitaires avaient enregistré 81 nouveaux cas au cours des dernières 24 heures, dont 23 décès communautaires et 17 décès survenus dans des centres de traitement.