La RDC a lancé jeudi un dispositif d’urgence entre Kisangani et Kinshasa pour prévenir la propagation du virus Bundibugyo le long du fleuve Congo, principale voie fluviale du pays, selon un communiqué officiel.
Baptisée « Fleuve Congo Sans Ebola », l’initiative intervient alors que dix cas ont été rapportés à Kisangani, dans le nord-est du pays, d’après le communiqué. Elle vise également à protéger les grandes agglomérations riveraines, notamment Mbandaka et Kinshasa, et à limiter les risques de transmission vers la République du Congo et la République centrafricaine.
Le dispositif bénéficie d’un financement de neuf millions de dollars des Nations unies, mobilisé par l’intermédiaire des fonds du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha).
Il est mis en œuvre avec l’appui d’un mécanisme interagences réunissant l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’Unicef et le Programme alimentaire mondial (PAM).
Le fleuve Congo constitue l’un des principaux axes de circulation humaine et commerciale de la région. Des milliers de voyageurs, de commerçants et d’opérateurs de transport l’empruntent quotidiennement, une mobilité susceptible de faciliter la propagation du virus en l’absence de mesures sanitaires renforcées.
L’initiative prévoit notamment une surveillance accrue dans les ports, aux points d’entrée et le long des voies de transport fluvial. Un système d’alerte précoce doit également être installé pour détecter et signaler rapidement les cas suspects.
Des réseaux communautaires d’alerte doivent être déployés dans les localités riveraines. Le programme comprend aussi la formation des armateurs, des capitaines, des contrôleurs fluviaux, des agents de santé et des relais communautaires, ainsi que le renforcement des mesures d’hygiène dans les ports et les structures sanitaires.
Des capacités d’isolement et de prise en charge sont annoncées dans quatre pôles stratégiques : Kisangani, Mbandaka, Kwamouth et Kinshasa.
Le gouvernement prévoit par ailleurs un dispositif logistique permettant de placer éventuellement en quarantaine des embarcations, ainsi que le déploiement de laboratoires mobiles flottants capables d’effectuer des diagnostics directement sur le fleuve. Le communiqué ne précise ni leur nombre ni la date de leur mise en service.
« Notre priorité est de détecter rapidement tout cas suspect » et d’interrompre immédiatement, si nécessaire, les chaînes de contamination, a déclaré le secrétaire général du ministère de la Santé, Body Ilonga, cité dans le communiqué.
Le programme associe plus de dix ministères, quatorze institutions publiques, les autorités provinciales, les opérateurs du transport fluvial, la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Une première phase intensive de trois mois sera consacrée à l’équipement des points de contrôle, au renforcement des capacités locales et à la sensibilisation des communautés installées le long du corridor fluvial.
À terme, les autorités souhaitent étendre ce mécanisme à la prévention et à la réponse contre d’autres maladies à potentiel épidémique dans les bassins du Congo, de l’Oubangui et de la Sangha.
Selon les données présentées dans le communiqué, l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo totalisait, au 18 août, 5.208 cas confirmés, dont plus de 2.476 décès, soit un taux de létalité de 47,5%.
La flambée touchait 56 zones de santé dans six provinces : le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo.