Interrogé lors du Space live organisé mercredi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, sur l'appel du président Félix Tshisekedi en faveur d'un plan unique et d'une coordination budgétaire unifiée pour l'ensemble des partenaires engagés dans la riposte contre Ebola, le directeur général d'Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a d'abord tenu à rappeler l'existence, au niveau continental, d'un principe déjà en vigueur au sein de son organisation : l'Agenda de Lusaka, fondé sur la logique « un plan, un budget, un seul cadre de mise en œuvre ».
Selon lui, ce cadre unifié existe déjà à un niveau supérieur, celui de la coordination régionale. Il a cité en exemple une réunion organisée par Africa CDC en Ouganda, réunissant les ministres de la Santé de la RDC, du Soudan du Sud et de l'Ouganda, à l'issue de laquelle un plan continental de riposte avait été élaboré, puis lancé quelques semaines plus tard aux côtés du directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.
M. Kaseya a toutefois tenu à clarifier ce que recouvre, selon lui, cette exigence de coordination unique au niveau national, écartant l'idée que les partenaires devraient reverser leurs fonds directement dans les caisses de l'État congolais.
« Chaque partenaire a ses méthodes et ses exigences de gouvernance », a-t-il rappelé, plaidant plutôt pour un mécanisme de transparence et de traçabilité : selon lui, il revient au gouvernement congolais de recenser précisément quels montants chaque donateur, les États-Unis, l'Union européenne ou d'autres, a effectivement versés, à qui, et à quelles fins, puis de convoquer l'ensemble des partenaires pour s'assurer de l'alignement de ces financements avec les priorités nationales.
« Ça, c'est le boulot du gouvernement. Ce n'est pas le boulot d'Africa CDC », a-t-il insisté, excluant toute idée qu'Africa CDC puisse se substituer au leadership de l'État congolais dans cette coordination.
Ces déclarations interviennent alors que le dernier rapport de situation de l'Institut national de santé publique (INSP), arrêté au 18 août, fait état de 5 208 cas confirmés d'Ebola et de 2 476 décès depuis le début de l'épidémie, soit un taux de létalité de 47,5 %. L'épidémie touche six provinces et 56 zones de santé, l'Ituri demeurant la plus affectée avec 28 de ses 36 zones de santé concernées, suivie du Nord-Kivu (12 zones), de la Tshopo (7 zones), du Haut-Uélé (6 zones) et du Bas-Uélé (2 zones) ; le Sud-Kivu ne recense plus qu'une seule zone active, sans nouveau cas depuis 79 jours. Le rapport fait également état de 1 115 guérisons et de 730 patients actuellement pris en charge, pour un taux de suivi des contacts de 84 %.