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RDC-Ebola : Jean Kaseya dément avoir payé directement des chauffeurs et rejette les propos du ministre de la Santé

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Invité ce mercredi du Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le directeur général d'Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a fermement démenti les accusations portées mardi par le ministre de la Santé Roger Kamba, selon lesquelles Africa CDC paierait directement certains agents sur le terrain, notamment des chauffeurs, en dehors du cadre budgétaire piloté par l'État, une pratique que le ministre estimait à l'origine d'un mouvement de grève.

« C'est une déclaration totalement fausse », a réagi M. Kaseya, estimant que le ministre avait pu être mal conseillé et que ses propos ne reflétaient pas sa pensée réelle. Le DG d'Africa CDC a réaffirmé, que les agents de santé relèvent du gouvernement congolais et que c'est à celui-ci qu'il revient de les payer, appelant à ce que les grèves en cours cessent sur cette base.

Il a en revanche revendiqué le rôle joué par Africa CDC dans la mobilisation des partenaires pour le paiement des relais communautaires, à hauteur de 150 dollars par mois, un barème fixé à la demande du gouvernement.

Concernant l'affaire des chauffeurs, Jean Kaseya a apporté des précisions techniques : Africa CDC ne recrute pas directement de chauffeurs mais loue des véhicules via des prestataires, à qui l'organisation verse un montant global censé couvrir l'ensemble des charges, salaires compris. Un appel d'offres aurait été lancé après un audit ayant révélé des tarifs jugés excessifs et des prestations de qualité douteuse chez le prestataire précédent, conduisant au choix d'un nouveau fournisseur.

C'est ce changement de prestataire, et non un paiement direct d'Africa CDC, qui aurait entraîné l'interruption des contrats de certains chauffeurs, d'où, selon lui, la confusion à l'origine des tensions.

« Ce n'est pas Africa CDC qui paye les chauffeurs, c'est le prestataire », a-t-il insisté, tout en reconnaissant qu'une telle rupture de contrat pouvait légitimement provoquer des réactions.

M. Kaseya a par ailleurs évoqué l'« approche village », un pilier de riposte récemment validé par le chef de l'État et présenté ce mercredi au gouvernement par son équipe, fondé sur l'idée que l'épidémie ne pourra être vaincue que par une mobilisation communautaire de proximité, et non depuis Kinshasa, Bruxelles, Genève ou Addis-Abeba.

Ces échanges interviennent alors que le dernier rapport de situation de l'Institut national de santé publique (INSP), arrêté au 18 août, fait état de 5 208 cas confirmés d'Ebola et de 2 476 décès depuis le début de l'épidémie, soit un taux de létalité de 47,5 %. L'épidémie touche six provinces et 56 zones de santé, l'Ituri demeurant la plus affectée avec 28 de ses 36 zones de santé concernées, suivie du Nord-Kivu (12 zones), de la Tshopo (7 zones), du Haut-Uélé (6 zones) et du Bas-Uélé (2 zones) ; le Sud-Kivu ne recense plus qu'une seule zone active, sans nouveau cas depuis 79 jours. Le rapport fait également état de 1 115 guérisons et de 730 patients actuellement pris en charge, pour un taux de suivi des contacts de 84 %.