L’opposant Alain Bolodjwa a décidé de tourner le dos à la coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel, qui a résolu de geler ses actions contre le changement constitutionnel après l’annonce d’organisation d’un dialogue national inclusif par le chef de l’État. Il était intervenu lundi lors d’un live space X animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala.
Radical vis-à-vis du régime de Kinshasa, Bolodjwa estime que les leaders de la C64 ont détourné cette plateforme de sa mission originelle, à savoir la défense de l’ordre constitutionnel. D’où sa décision après moult tentatives de rappel à l’ordre et le constat d’un environnement devenu malsain.
« Nous défendons l’idée selon laquelle on ne va pas indéfiniment continuer de faire des dialogues avec des gens qui posent des actes en violation de la loi et de la constitution. J’ai tenté de mener ce combat en interne pour sensibiliser les uns et les autres par rapport à cet enjeu-là. Apparemment, l’environnement était devenu malsain. Pour permettre à nos amis de continuer dans leur combat que je considère légitime, je préfère ne pas être là, parce que cela risque d’apparaitre comme une compromission. Je ne suis pas venu pour quémander le dialogue, mais je suis venu pour défendre l’ordre constitutionnel », a-t-il tranché.
Motivant son retrait de cette plateforme de l’opposition, Alain Bolodjwa a fustigé le non-respect de la stratégie adoptée pour empêcher le parlement à examiner la proposition de loi sur le referendum, dénonçant le « bicéphalisme » de certains sociétaires qui insistaient sur la date du 12 juin qui, selon lui, ne représentait rien dans cette démarche.
« J’avais posé la question : pourquoi le 12 juin, ça représente quoi, quel en est l’objectif ? Et pourtant, les gens savaient que l’Assemblée nationale allait examiner la loi en date du 8. Ça a vidé dans une certaine mesure la substance », s’est-il expliqué, ajoutant qu’il ne retrouve plus la philosophie de son parti politique dans la nouvelle démarche de la C64.
Alain Bolodjwa s’est enfin plaint de plusieurs rendez-vous ratés de la C64, insinuant que le dialogue vient à légitimer la question du changement de constitution à laquelle ils s’opposent farouchement. Malgré son départ de cette frange de l’opposition, cet opposant indique demeurer le même, se vantant d’être celui qui a le plus combattu le président Félix Tshisekedi.
À deux jours de la très attendue marche qui devait exiger entre autres la démission du chef de l’État pour avoir trahi son serment constitutionnel par sa volonté affichée de changer la loi fondamentale, l’opinion était surprise par la décision de la C64 de reporter cette action à une date ultérieure, en vue de donner la chance à Kinshasa d’organiser le dialogue annoncé par les principales confessions religieuses après entretien avec Félix Tshisekedi. Cependant, après que la Cour constitutionnelle ait statué que la loi sur les référendums, la C64, est conforme à la Constitution, la C64 a annoncé de nouvelles mesures le 15 août, date limite qu’elle avait fixée à Tshisekedi pour organiser le dialogue national inclusif. Cette décision a été prise après que le duo ECC-CENCO l’a dissuadé de reporter la manifestation du 22 juillet dernier.
Samyr LUKOMBO