La lutte contre la maladie à virus Ebola demeure au cœur des priorités du Gouvernement de la République démocratique du Congo. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a exposé les grandes lignes des mesures prises à la suite de la mission conjointe de haut niveau qu’elle a menée avec des partenaires des Nations Unies et des États-Unis dans les provinces de la Tshopo et de l’Ituri. Cette mission visait à renforcer la lutte contre cette épidémie.
Au cours de son intervention au Conseil des ministres tenu à Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami, à la suite de la communication du président de la République, la Première ministre est revenue sur cette mission effectuée du 24 au 25 juillet 2026 avec la participation des partenaires techniques et financiers. Elle a indiqué que cette initiative visait à apporter « un soutien multisectoriel efficient à cette riposte ».
S’agissant de la situation dans la province de la Tshopo, Judith Suminwa Tuluka a souligné que le Gouvernement avait rapidement procédé à l’activation des mécanismes nationaux de coordination afin d’assurer une riposte rapide et multisectorielle, dans le but de prévenir toute propagation à l’échelle nationale ou transfrontalière.
« Cette province constitue le principal carrefour économique et de transport reliant, par le fleuve, l’Est de la République démocratique du Congo à la capitale Kinshasa, ainsi qu’aux pays voisins », a fait savoir la Première ministre dans le compte rendu de la réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 31 juillet.
Dans ce même élan de renforcement de la coordination des opérations, la cheffe du gouvernement a indiqué avoir tenu une séance de travail le 27 juillet 2026 à la Primature, en présence du ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale.
Au regard de la nécessité de tourner les opérations actuelles de la riposte vers la durabilité et du renforcement du système national de santé, notamment à travers la promotion de centres d’excellence, elle a demandé au ministre de la Santé publique d’intégrer cette exigence stratégique dans l’approche générale. Selon Judith Suminwa Tuluka, cette orientation permettra d’éviter que le pays ne soit contraint de reprendre les mêmes processus à chaque nouvelle épidémie.
Dans ce cadre, la Première ministre a demandé au ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale de préparer, dans les meilleurs délais, un rapport sur les fonds engagés par l’exécutif national et les partenaires, ainsi qu’une feuille de route des actions à venir assortie d’une programmation financière.
Elle a également insisté sur l’urgence de procéder à l’apurement des arriérés de primes dus aux équipes techniques engagées dans la riposte, sur la base des listes et fichiers harmonisés avec la nouvelle équipe de coordination basée en Ituri.
" Dans ce cadre, la Première ministre a signifié qu'elle attend du ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, dans les plus brefs délais, un rapport sur les fonds engagés par l'Exécutif et les partenaires, ainsi qu’une feuille de route des actions à venir assortie de leur programmation financière. À ce sujet, elle a souligné l'urgence de procéder à l’apurement des arriérés des primes dues aux équipes techniques engagées dans la riposte, sur la base des listes et fichiers harmonisés avec la nouvelle équipe de coordination basée en Ituri"a recommandé la cheffe du gouvernement Judith Suminwa dans sa communication
Au-delà de l’aspect sanitaire, Judith Suminwa Tuluka s’est également préoccupée des conséquences humanitaires liées à l’épidémie, notamment dans les zones où un nombre important de déplacés internes vivent dans des sites précaires.
Elle a ainsi demandé à la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, de lui présenter, dans un délai de quinze jours et en collaboration avec le ministère de la Santé, des propositions concrètes visant à renforcer la synergie entre les différents acteurs impliqués dans la riposte.
« Afin d’éviter que la crise sanitaire actuelle n’aggrave la situation humanitaire, en raison du nombre élevé de personnes déplacées internes regroupées dans des sites précaires au sein de certaines localités touchées par l’épidémie, elle a demandé à la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, de lui présenter sous quinze (15) jours, en collaboration avec le ministre de la Santé, des propositions concrètes dans le cadre des actions de synergie et de renforcement de la riposte », indique le compte rendu
Ces instructions interviennent alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola. Deux mois après sa déclaration, l'apparition de nouveaux cas dans plusieurs provinces porte désormais à cinq le nombre de provinces touchées : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele.
Malgré l'expérience acquise lors des précédentes épidémies, la riposte reste confrontée à de nombreux obstacles. En Ituri notamment, des mouvements de grève des prestataires et du personnel de santé ont perturbé certaines opérations. Les grévistes dénoncent des retards dans le paiement de leurs primes, des conditions de travail difficiles et le non-respect de plusieurs engagements pris à leur égard.
À ces difficultés s'ajoute une insécurité persistante dans plusieurs zones affectées, compliquant le déploiement des équipes sanitaires. Certains centres de traitement ont même été visés par des attaques de groupes armés, illustrant la complexité de la lutte contre cette nouvelle épidémie d'Ebola.
Clément MUAMBA