En marge de la visite d’itinérance du chef de l’État Félix Tshisekedi dans la province du Haut-Lomami, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a présenté les avancées enregistrées dans le secteur de l’eau potable en République démocratique du Congo. C’était au cours d’un briefing presse animé jeudi 30 juillet 2026 à Kaniama Kasese par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Cette intervention est intervenue après l’inauguration, par le Président de la République, de l’usine de traitement d’eau potable de Lovoyi, un ouvrage destiné à améliorer durablement la desserte en eau dans cette partie du pays. Selon Aimé Molendo Sakombi, cette nouvelle infrastructure constitue une étape majeure dans la politique nationale d’accès à l’eau potable. Le ministre a insisté sur la qualité de l’eau produite ainsi que sur son impact attendu sur les conditions de vie des populations bénéficiaires.
« Après l’inauguration des ouvrages des modules 1, 2 et 3 à Ngaliema, à Kinshasa, nous avons assisté à l’inauguration de l’usine de Lovoyi, qui va produire 7 000 mètres cubes d’eau par jour et desservir 230 000 personnes, avec une capacité de 30 litres par habitant et par jour. C’est du jamais-vu. Il s’agit d’une eau salubre, de bonne qualité et surtout disponible en quantité suffisante », a fait savoir Aimé Molendo Sakombi, ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité.
Une stratégie nationale pour atteindre 60 % de desserte en 2035
Aimé Molendo Sakombi a rappelé que ces réalisations s’inscrivent dans la mise en œuvre de la Politique nationale du service public de l’eau, adoptée le 25 décembre 2025. Selon lui, cette question fait l’objet d’un suivi particulier au niveau de la Présidence de la République.
« Le contexte est celui de la mise en œuvre de la Politique nationale du service public de l’eau adoptée le 25 décembre 2025. Le secteur de l’eau est aujourd’hui suivi personnellement par le Président de la République, au moyen du Pacte présidentiel sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement. Nous voulons atteindre, en 2035, un taux de desserte de 60 % », a affirmé Aimé Molendo Sakombi lors de son intervention.
Tshikapa et Kananga dans le programme d’extension
Pour le ministre, l’objectif est de poursuivre l’extension des infrastructures hydrauliques afin de répondre aux besoins des populations urbaines et rurales. Après Lovoyi, d’autres projets sont annoncés notamment à Tshikapa, dans la province du Kasaï, et à Kananga, dans le Kasaï Central.
À Tshikapa, l’enjeu principal sera l’extension du réseau de distribution, tandis qu’à Kananga, une augmentation significative de la production est attendue grâce aux travaux prévus.
« Après cette étape, les travaux vont évidemment se poursuivre, notamment à Tshikapa (Kasaï) et à Kananga (Kasaï Central). À Tshikapa, par exemple, nous avons une capacité installée de 50 000 mètres cubes par jour. Cette capacité ne va pas augmenter, mais nous allons étendre le réseau. Au lieu de 250 000 personnes, nous pourrons desservir 1,25 million de personnes. À Kananga, nous avons une usine dont la capacité installée était de 25 000 mètres cubes, mais qui n’en produit que 5 000 actuellement. Après les travaux, nous devrions atteindre une capacité de 75 000 mètres cubes, à laquelle s’ajoutera la nouvelle usine », a détaillé le ministre Aimé Molendo Sakombi.
Il assure que ces investissements permettront une meilleure couverture des besoins en eau dans ces grandes villes.
« Je peux donc déjà vous dire que ces deux villes seront desservies convenablement. Comme l’a dit le chef de l’État, aucune contrée ne sera oubliée dans cette programmation de la desserte », a-t-il ajouté.
La question de l’accès effectif à l’eau pour les ménages
Interrogé sur la nécessité de garantir que l’eau produite arrive effectivement aux populations après l’inauguration des ouvrages, le ministre a indiqué que des mesures avaient été prises auprès de la Régie de distribution d’eau (Regideso). Il a également évoqué la politique tarifaire mise en place afin de préserver l’accès à l’eau pour les ménages vulnérables.
« Tout à fait, des instructions strictes ont été données au directeur général de la Régie de distribution d’eau (Regideso) afin de faciliter les raccordements. Je voudrais aussi signaler qu’à la suite du changement de tarification intervenu il y a quelques mois, avec le concours du ministère de l’Économie, nous avons maintenu des prix réduits pour les populations vulnérables », a-t-il fait remarquer.
Appel au civisme pour préserver les infrastructures
Tout en saluant la patience des habitants de Kamina, qui ont attendu plusieurs décennies avant de bénéficier d’une amélioration significative de l’accès à l’eau potable, Aimé Molendo Sakombi a appelé à la responsabilité collective et au civisme, notamment en ce qui concerne le paiement régulier des factures.
« C’est pourquoi nous demandons également à tout le monde de faire preuve de civisme. Il s’agit d’un patrimoine important. Vous l’avez dit, la population de Kamina a attendu pendant 50 ans. Nous la remercions pour toute cette patience. Il faut cependant s’acquitter à temps des factures afin de permettre à la Régie de distribution d’eau, par l’intermédiaire de ses services, d’assurer convenablement l’entretien de cet ouvrage d’intérêt commun », a recommandé le ministre Aimé Molendo Sakombi.
Si, d’ici 2035, le gouvernement vise un taux de desserte en eau potable de 60 %, plusieurs efforts ont déjà été engagés dans ce sens depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi. Près de 11 millions de personnes ont été connectées au réseau de la Régie de distribution d’eau (Regideso) entre 2019 et 2023 sur l’ensemble du territoire national de la République démocratique du Congo (RDC). Ces indications avaient été fournies vendredi 24 novembre 2023 par David Tshilumba Mutombo, directeur général de la Regideso, lors d’un briefing consacré au thème : « Bilan en chiffres et perspectives des actions du Gouvernement dans le secteur de l’eau ».
D’après les chiffres avancés par le numéro un de la Regideso, « en 2018, le nombre de personnes bénéficiant de la desserte en eau potable en RDC était de 25,9 millions, soit 25,4 % de la population, sur la base d’une démographie estimée à 100 millions d’habitants ». En 2023, ces données ont évolué pour atteindre plus de 36,1 millions de personnes connectées au réseau de la Regideso, soit 35,5 % de la population estimée à 100 millions d’habitants. Ainsi, entre ces deux périodes, 10,7 millions de personnes supplémentaires ont été connectées au réseau.
Clément MUAMBA