L'ancien gouverneur du Kasaï-Occidental et ex-député national Claudel André Lubaya a accusé mardi la Cour constitutionnelle d'avoir levé « le dernier verrou de la légalité constitutionnelle » en déclarant conforme, sous réserve de plusieurs articles, la proposition de loi encadrant l'organisation d'un référendum, estimant que cette décision ouvre la voie à une « présidence à vie de fait » du président Félix Tshisekedi.
Dans un point de vue publié après l'arrêt rendu par la Haute Cour, M. Lubaya affirme que la décision remet au chef de l'État « un chèque en blanc » pour « démanteler l'architecture institutionnelle issue de la Constitution du 18 février 2006 ». Selon lui, la Cour « enterre le principe de l'alternance démocratique » et « s'est disqualifiée comme ultime rempart de l'État de droit ».
L'ancien député estime également que les responsables de la coalition d'opposition C64 ainsi que les Églises catholique (CENCO) et protestante (ECC) ont été « floués » pour avoir fait confiance aux assurances du président Tshisekedi dans la perspective d'un dialogue national. Il considère que cette démarche a permis au pouvoir de gagner du temps et de faire avancer son projet référendaire.
Claudel André Lubaya adresse par ailleurs « ses respectueuses pensées » au cardinal Fridolin Ambongo, estimant que celui-ci a eu tort d'accorder sa confiance au chef de l'État en mettant son autorité morale au service d'une initiative dont il ne maîtrisait pas, selon lui, les objectifs.
S'agissant de la C64, il juge que la suspension des actions de mobilisation a constitué « une faute stratégique majeure », estimant qu'elle a offert au pouvoir « le répit et la sérénité » nécessaires pour franchir « l'obstacle décisif ». Il appelle désormais la coalition à « reprendre l'initiative politique » et à remobiliser la population autour de « la défense de la Constitution et de l'État de droit ».
Mardi, la Cour constitutionnelle a déclaré conforme à la Constitution, « sous réserve » de plusieurs dispositions, la proposition de loi fixant les conditions d'organisation du référendum en RDC, ouvrant la voie à sa promulgation par le président de la République.