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GRAF 2026 à Maputo : la RDC défend une régulation des jeux fondée sur les données

Doudou Fwamba

La République démocratique du Congo, représentée par le ministère des Finances à travers la Cellule de Surveillance des Jeux d’Argent et de Hasard (CSJA), a participé à des échanges sur l’approche de la régulation orientée données, lors de la 17ᵉ Conférence annuelle du Gaming Regulators Africa Forum (GRAF 2026), organisée du 14 au 17 septembre à Maputo, au Mozambique.

Sous l’impulsion du ministre des Finances, S.E.M. Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la RDC poursuit la réforme de son secteur des jeux d’argent afin d’en renforcer la surveillance, d’améliorer la mobilisation des recettes publiques, de protéger les joueurs et de garantir un environnement plus transparent aux opérateurs.

La délégation congolaise est intervenue ce mercredi 16 septembre dans le panel intitulé « La régulation à l’ère des données : exploiter les technologies non intrusives au service du jeu responsable ». La RDC y était représentée par Didier Bobwa Wese, responsable des systèmes d’information et du Central Monitoring System (CMS) à la CSJA.

Son intervention a porté sur une approche de régulation orientée vers l’exploitation des données croisées des acteurs de l’écosystème du secteur aux fins d’analyser les comportements des joueurs et de promouvoir le jeu responsable, tout en veillant à la sécurité des données, aux enjeux de cybersécurité et aux questions de souveraineté nationale.

M. Didier Bobwa Wese a expliqué que la RDC a mis en place un système centralisé de monitoring des flux des jeux et procède actuellement à l’intégration progressive des plateformes des opérateurs de jeux et de celles des prestataires de services de paiement.

Ce dispositif va permettre à la CSJA de recevoir automatiquement les informations d’identification des joueurs et celles relatives à leurs comportements afin de détecter des comportements de jeu problématiques. La plateforme de monitoring doit utiliser des mécanismes d’interfaçage lui permettant de capter les informations provenant des systèmes des opérateurs sans perturber leurs activités ni l’expérience des joueurs. Les données échangées doivent se limiter à celles nécessaires pour le contrôle des comportements de jeu problématiques et la promotion du jeu responsable.

Une approche fondée sur un principe : détecter les comportements à risque tout en protégeant les données

L’objectif est notamment de détecter les signes susceptibles de révéler une pratique de jeu problématique : fréquence élevée des dépôts, augmentation rapide du montant des mises et tout autre indice pouvant cacher des problèmes socio-financiers (addiction, dépenses excessives, surendettement, etc.).

La CSJA a cependant insisté sur la nécessité de limiter la collecte au strict nécessaire et de réserver l’accès aux données personnelles aux seules personnes légalement habilitées.

Cette exploitation des données implique, en contrepartie, des exigences élevées en matière de sécurité et de gouvernance.

Cybersécurité et souveraineté nationale

La RDC a prôné une architecture comprenant le chiffrement des données pendant leur transmission et leur stockage, une authentification renforcée, l’attribution des droits suivant le principe du moindre privilège ainsi que la traçabilité des opérations effectuées sur la plateforme.

La CSJA a également insisté sur une gouvernance spécifique de la cybersécurité comprenant des tests réguliers, la surveillance des incidents, des sauvegardes, un plan de continuité des activités et une procédure de réponse aux cyberattaques.

En matière de souveraineté numérique, la CSJA a rappelé l’importance d’héberger les données sensibles relatives aux joueurs congolais sur une infrastructure située sur le territoire national, sous le contrôle des institutions compétentes.

Pour une coopération renforcée entre régulateurs africains

La CSJA a également plaidé pour l’adoption progressive de standards communs d’interopérabilité entre les plateformes des régulateurs et celles des opérateurs.

Une telle harmonisation faciliterait la sécurisation des échanges, l’intégration des opérateurs présents dans plusieurs pays et la coopération face aux risques qui dépassent les frontières nationales.

Pour la délégation congolaise, les autorités africaines doivent maintenir des mécanismes permanents de concertation, partager les expériences et mettre les solutions ayant déjà fait leurs preuves au service des juridictions dont les dispositifs de régulation sont encore en construction.

Au-delà des enjeux technologiques, les échanges ont également mis en évidence la finalité de ces dispositifs : faire du jeu responsable une réalité concrète plutôt qu’une simple obligation formelle.

La participation de la CSJA à cette rencontre traduit ainsi la volonté du Président de la République Félix Antoine Tshisekedi de construire un secteur légal, transparent, technologiquement maîtrisé et respectueux de l’intérêt général.


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