Invité vendredi du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, le professeur de science politique Bob Kabamba Kazadi (Université de Liège) a livré une lecture critique des dialogues qu'a connus la RDC depuis Sun City, identifiant un schéma récurrent lié aux fins de mandat présidentiel.
Interrogé sur les leçons à tirer des dialogues de 2013 et de 2016, le professeur a d'abord posé un constat structurel : dans un régime politique normal, l'État se perpétue indépendamment de ses dirigeants. Or, au Congo, explique-t-il, ce n'est pas le cas, le régime politique se confond avec la personne qui l'incarne. Ainsi, lorsqu'un mandat présidentiel touche à sa fin, notamment lorsque des limites constitutionnelles s'imposent, surgit systématiquement la tentation de rester au pouvoir plutôt que de préparer l'alternance.
C'est dans ce contexte, selon l'analyste, que les dialogues et concertations sont généralement convoqués : non pas pour véritablement apaiser les tensions, mais pour mettre en place des règles suffisamment consensuelles afin de faire retomber la pression populaire et politique, et ainsi permettre au pouvoir en place de dépasser le cap de la fin de mandat. Vendredi lors du Space live, le professeur a résumé ce mécanisme comme un outil de glissement plutôt qu'une véritable résolution de crise.