L’insécurité continue de préoccuper à Kolwezi et dans plusieurs agglomérations du Lualaba. La société civile affirme avoir identifié plusieurs groupes de délinquants organisés, des zones à risque ainsi que des failles dans le dispositif sécuritaire, allant jusqu’à évoquer des soupçons de collaboration entre certains agents de sécurité et des réseaux criminels. Ces constats ont été dressés lors d’une réunion du Cadre de concertation de la société civile, qui annonce un rapport assorti de recommandations à transmettre au gouvernement provincial.
Réunies au siège du Cadre de concertation, les différentes composantes de la société civile, parmi lesquelles la Nouvelle Société Civile Congolaise, la société civile Forces vives et plusieurs autres organisations citoyennes, ont analysé les causes de la montée de l’insécurité, les zones affectées ainsi que les réponses apportées par les services compétents.
Pour Maître Chadrack Mukad, coordonnateur et porte-parole du Cadre de concertation de la société civile, la situation sécuritaire perturbe fortement la quiétude des habitants.
« Nos familles connaissent des nuits blanches. Il y a une perturbation de la quiétude dans la ville toutes les nuits et, plus grave encore, même pendant les journées », a-t-il déclaré à ACTUALITE.CD
Selon lui, les travaux ont permis d’établir un diagnostic de la situation, notamment en recensant les cas d’insécurité enregistrés ces derniers mois ainsi que plusieurs zones considérées comme des points chauds de la criminalité.
« Nous avons identifié les différents cas d’insécurité ou de meurtres que nous avons connus dans la ville depuis le mois de juin à ce jour. Nous avons aussi identifié les différents points chauds de délinquance dans la ville », explique-t-il.
La société civile affirme également avoir constaté l’existence de plusieurs groupes de délinquants structurés.
« Plus grave encore, nous avons compris qu’il y a déjà plusieurs groupes de délinquants avec des noms et des organisations bien établies », ajoute Maître Chadrack Mukad.
Mais le constat le plus préoccupant concerne le fonctionnement du dispositif sécuritaire. Les acteurs de la société civile disent avoir relevé des faiblesses et évoquent des soupçons de collaboration entre certains agents chargés de la sécurité et des groupes de délinquants. Ces accusations devront toutefois être vérifiées par les autorités compétentes.
« Ce qui est grave, nous avons trouvé qu’il y a certains agents chargés de la sécurité qui collaboreraient même avec certains groupes de délinquants », affirme le coordonnateur du Cadre de concertation.
À l’issue de cette rencontre, un rapport assorti de recommandations sera élaboré et transmis au gouvernement provincial du Lualaba.
« Ce rapport sera destiné à Mme la gouverneure, qui a la compétence de la sécurité pour toute la ville et toute la province, afin qu’elle puisse interpeller les services spécialisés de sécurité pour qu’ils répondent de leurs responsabilités », précise-t-il.
Pour la société civile, cette démarche constitue une contribution citoyenne face à une situation devenue préoccupante. Elle espère que les recommandations formulées permettront de renforcer la prévention, d’améliorer la coordination des services de sécurité et de restaurer la tranquillité des populations à Kolwezi et dans l’ensemble du Lualaba.
Lambert Menda, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise, Tambwe Lufungula, coordonnateur de la société civile Forces vives, ainsi que plusieurs autres responsables des organisations de la société civile ont pris part à cette rencontre.
Timothée Prince ODIA