Le gouvernement de la République démocratique du Congo s’inquiète de la recrudescence des maladies animales dans plusieurs provinces du Grand Kasaï. Le ministre de la Pêche et Élevage Jean-Pierre Tshimanga Bwana a présenté, lors du Conseil des ministres, une situation sanitaire jugée préoccupante, marquée notamment par la réapparition de certaines pathologies animales ayant des conséquences importantes sur le cheptel et les communautés locales.
Selon la note d'information du ministre présentée vendredi 10 juillet 2026, le territoire de Lusambo, dans la province du Sankuru, fait face à une résurgence de la peste des petits ruminants, une maladie qui a déjà provoqué la perte de 315 caprins en l’espace de cinq jours.
La situation tend également à se dégrader dans les provinces voisines du Kasaï, du Kasaï-Central, du Kasaï-Oriental et de la Lomami, où la progression de ces pathologies animales suscite de vives inquiétudes.
« La décimation du cheptel et de la volaille consécutive à ces pathologies animales accentue la paupérisation de la population », a relevé le ministre de la Pêche et Élevage dans le compte rendu.
Au-delà des pertes économiques, les autorités alertent également sur les risques sanitaires liés à la propagation de certaines maladies transmissibles. "La rage canine, déclarée dans cette partie du pays nécessite d'être désamorcée d'autant plus qu'elle a déjà occasionné plus de 30 cas des décès au sein de la population"souligne le compte rendu de la réunion.
Face à cette situation, le gouvernement estime qu’une réponse coordonnée et durable s’impose afin de limiter les conséquences sociales et économiques de ces crises sanitaires.
« Au regard du caractère contagieux de certaines pathologies animales, qui demeurent une menace sanitaire susceptible d’entraîner d’importantes pertes socio-économiques, une solution globale et durable s’avère impérieuse afin d’assurer la survie du cheptel résiduel, d’une part, et de sauvegarder les vies humaines, d’autre part », a indiqué le ministre.
Dans cette perspective, le ministre de la Pêche et Élevage a insisté sur l’urgence d’accélérer la deuxième phase de la campagne vaccinale contre les épizooties et de renforcer les mesures de prévention sur l’ensemble du territoire national.
Le gouvernement entend également poursuivre les campagnes nationales de vaccination contre les principales pathologies animales afin de protéger durablement le cheptel congolais et réduire l’impact de ces maladies sur les moyens de subsistance des populations rurales.
« Il est urgent de mener la deuxième phase de la campagne vaccinale contre les épizooties et de garantir la sécurité des vies humaines », a-t-il souligné.
À travers cette initiative, le gouvernement entend renforcer le système national de surveillance des maladies animales, intensifier la lutte contre les épizooties et protéger le cheptel, dont la préservation est essentielle à la sécurité alimentaire, aux revenus des ménages et au développement du secteur de l'élevage.
Cette alerte intervient dans un contexte sanitaire particulièrement sensible. En effet, la République démocratique du Congo est confrontée à sa 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola dans sa partie orientale. Une situation qui rappelle l'importance de renforcer les dispositifs de prévention et de riposte face aux menaces sanitaires, tant animales qu'humaines.
Clément MUAMBA