Le gouvernement de la République démocratique du Congo poursuit ses efforts de rationalisation des effectifs de la Police nationale congolaise (PNC). Au cours de la 94e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 10 juillet 2026, le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a présenté les résultats préliminaires de l'audit des effectifs de la police, mettant en lumière d'importantes irrégularités.
Selon le rapport présenté et repris dans le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement, 157 886 dossiers ont été recensés dans la base de données de la PNC. À l'issue de cet examen, 63 817 dossiers prioritaires ont été identifiés. Ils concernent notamment des agents en position non active, présumés fictifs ou se trouvant dans une situation administrative irrégulière, dont les dossiers nécessitent un contrôle physique approfondi.
« De l'analyse de 157 886 dossiers recensés dans la base de données, 63 817 dossiers prioritaires ont été mis en évidence, correspondant notamment à des agents en position non active, présumés fictifs ou en situation irrégulière, nécessitant un contrôle physique approfondi », indique le compte rendu.
Le gouvernement souligne également l'importance des retombées financières attendues de cette opération grâce aux solutions techniques mises en œuvre par le partenaire chargé de cette mission.
« Sur la base des 63 817 effectifs prioritaires épinglés, le manque à gagner potentiel pour l'État en cas d'inaction est estimé entre 8,32 millions et 19,42 millions de dollars par mois, soit environ 99,84 millions à 233 millions de dollars par an », précise le document.
Face à ces enjeux, l'exécutif entend accélérer la mise en œuvre de cette opération en mobilisant les ressources nécessaires. L'objectif est de finaliser le financement du contrôle physique des effectifs et de la délivrance de cartes biométriques aux policiers, avant d'étendre l'opération à l'ensemble du territoire national.
« L'accompagnement du gouvernement a été sollicité afin de finaliser le financement de cette opération de contrôle et de délivrance de cartes biométriques aux policiers, ainsi que de son extension à l'ensemble du territoire national. Il s'agit d'un investissement stratégique en matière de maîtrise des effectifs, de gouvernance administrative et de rationalisation de la masse salariale de la Police nationale congolaise », souligne le compte rendu de la réunion.
Cette démarche intervient dans un contexte où le gouvernement congolais a donné son feu vert, jeudi 9 juillet 2026, au lancement de la phase opérationnelle du projet de contrôle physique, administratif et biométrique des effectifs de la Police nationale congolaise (PNC). Cette décision est intervenue à l'issue d'une réunion d'évaluation présidée à Kinshasa par le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani.
La rencontre a réuni notamment le vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, le ministre d'État, ministre du Budget, Adolphe Muzito, les responsables de la Police nationale congolaise ainsi que les représentants de la société Africa Business Agency (ABA). Les participants ont validé les conclusions de la phase d'analyse de la base de données de la PNC, ouvrant ainsi la voie au déploiement effectif de cette opération d'identification et de contrôle des effectifs sur l'ensemble du territoire national.
Clément MUAMBA