Ebola en Ituri : l'OMS mise sur l'engagement communautaire et confirme l'avancée des essais de quatre vaccins contre la souche Bundibugyo

Centre de traitement d'Ebola/Photo d'illustration
Centre de traitement d'Ebola/Photo d'illustration

Alors que la République démocratique du Congo poursuit la lutte contre la 17ᵉ épidémie d'Ebola, le Directeur exécutif du Programme de gestion des urgences sanitaires de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Chikwe Ihekweazu, estime que les efforts de la riposte commencent à produire des résultats, tout en soulignant que l'adhésion des communautés demeure le principal défi pour interrompre la transmission du virus.

En visite à Bunia, le responsable de l'OMS a expliqué que les capacités de prise en charge ont été considérablement renforcées au cours des dernières semaines afin de mieux répondre à la progression de l'épidémie.

« Il y a six semaines, quand les choses ont vraiment commencé, nous avons progressivement augmenté les capacités d'accueil des centres de traitement. Nous avons également renforcé l'identification des personnes les plus à risque, notamment les proches des malades, tout en améliorant la reconnaissance précoce des symptômes afin que les patients soient pris en charge le plus rapidement possible », a déclaré le Dr Chikwe Ihekweazu à nos confrère de la Radio Canal Révélation Bunia.

Malgré ces avancées, l'OMS reconnaît que plusieurs obstacles continuent de freiner les efforts de contrôle de l'épidémie, en particulier dans les zones où persistent des réticences envers les équipes sanitaires.

Selon le responsable Onusien, la réussite de la riposte dépend autant de l'organisation des services de santé que de la participation active des populations.

« Un des défis principaux, c'est aussi l'engagement communautaire. Nous devons continuer à sensibiliser les populations sur les mesures barrières, notamment le lavage régulier des mains, la détection rapide des cas suspects et la collaboration avec les équipes de riposte. Sans cette participation des communautés, il sera difficile de mettre fin à cette épidémie », a-t-il insisté.

Interrogé sur les perspectives de vaccination contre la souche Bundibugyo, le Dr Chikwe Ihekweazu a rappelé qu'aucun vaccin spécifique n'est encore disponible, tout en faisant état d'avancées scientifiques encourageantes.

« Il n'y a pas encore de vaccin spécifique contre la souche Bundibugyo. En revanche, quatre vaccins sont actuellement en développement dans le cadre d'essais cliniques qui suivent des protocoles scientifiques rigoureux. En attendant leurs résultats, les radios communautaires et les autres canaux de communication restent essentiels pour diffuser les messages de prévention et renforcer la confiance des populations », a expliqué le responsable de l'OMS.

À ce jour, l'Ituri demeure l'épicentre de la 17ᵉ épidémie d'Ebola en RDC. Les autorités sanitaires poursuivent les investigations, le suivi des contacts et la prise en charge des malades, tout en appelant les communautés à respecter strictement les mesures de prévention.

Freddy Upar, à Bunia